Face au Covid-19, le pape appelle au partage des vaccins avec les pays les plus pauvres

R.V.
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Le pape François en la basilique Saint-Pierre-de-Rome ce dimanche de Pâques 2021.  - Filippo Monteforte
Le pape François en la basilique Saint-Pierre-de-Rome ce dimanche de Pâques 2021. - Filippo Monteforte

Dans une basilique Saint-Pierre aux bancs clairsemés en raison des précautions prises face au Covid-19, le pape François a évoqué frontalement la crise pandémique à l'occasion du dimanche de Pâques.

Après avoir rendu hommage aux médecins et infirmiers en première ligne, il a rappelé que "les vaccins constituent un instrument essentiel pour cette lutte". "Dans l'esprit d'un 'internationalisme des vaccins', j'exhorte donc toute la Communauté internationale à un engagement partagé afin de surmonter les retards dans leur distribution et en favoriser le partage, en particulier avec les pays les plus pauvres", a-t-il lancé, alors que plusieurs pays ont réclamé la levée des brevets sur les vaccins.

Partout dans le monde, a-t-il souligné, "la pandémie a malheureusement augmenté dramatiquement le nombre de pauvres et le désespoir de milliers de personnes", appelant "les autorités publiques" à leur offrir "les aides nécessaires à une subsistance suffisante". François avait auparavant célébré la messe de la Résurrection en présence d'une centaine de personnes.

Le pape a dénoncé la poursuite "scandaleuse" des guerres

Le pape a également jugé "scandaleux" la poursuite des guerres et de la course à l'armement dans le contexte de la pandémie.

François a consacré son allocution pascale, précédant la bénédiction Urbi et Orbi ("à la ville de Rome et au reste du monde", en français), aux plus vulnérables, les malades souffrant du Covid-19, les migrants, les personnes précipitées dans la précarité par la pandémie, et les populations victimes des guerres en Syrie, au Yémen, en Libye et en Afrique.

"La pandémie est encore en cours; la crise sociale et économique est très lourde, en particulier pour les plus pauvres; malgré cela - et c'est scandaleux - les conflits armés ne cessent pas et les arsenaux militaires se renforcent", a-t-il fustigé.

Une pensée pour l'Irak après son voyage

Le souverain pontife a appelé à faire "cesser le fracas des armes dans la bien-aimée et martyrisée Syrie, où des millions de personnes vivent désormais dans des conditions inhumaines, ainsi qu'au Yémen dont les événements sont entourés d'un silence assourdissant et scandaleux, et en Libye où l'on entrevoit enfin la sortie d'une décennie de disputes et d'affrontements sanglants".

Il a également évoqué ceux qui en Birmanie, théâtre d'un coup d'Etat et de manifestations réprimées dans le sang par les militaires, "s'engagent pour la démocratie en faisant entendre pacifiquement leur voix".

Il a demandé à la communauté internationale de venir en aide au "peuple libanais qui traverse une période de difficultés et d'incertitudes" et dit espérer que "Israéliens et Palestiniens retrouvent la force du dialogue pour parvenir à une solution stable", répétant son soutien à une solution à deux Etats indépendants.

Le pape a salué "le chemin de pacification entrepris" en Irak, où il s'est rendu en mars - première voyage de l'Argentin depuis novembre 2019 -, fustigé "les violences internes et le terrorisme international" au Sahel et au Nigeria, et souhaité la libération des prisonniers dans les conflits en Ukraine et au Haut-Karabakh.

Article original publié sur BFMTV.com