Face à la sécheresse, l'Europe va devoir importer du riz

Berichard/ Wikimedia Commons

Le riz européen va mal. Frappées de plein fouet par la sècheresse, en Italie notamment, les régions rizicoles du sud de l’Europe vont produire moins cette année. Ce qui voudra dire plus d’importations pour répondre à la demande des consommateurs.

Avec notre envoyée spéciale en Camargue, Marie-Pierre Olphand

La récolte n’a pas encore eu lieu, mais on sait déjà que la production européenne de riz ne sera pas à la hauteur cette année. En cause, le manque d’eau, qui affecte particulièrement l’Espagne et l’Italie. « Il n’y a pas eu suffisamment de neige dans les montagnes cet hiver et donc les fleuves sont à des niveaux d’étiage très préoccupant pour un début juillet. L’ensemble de nos partenaires européens sont impactés à des niveaux différents, mais qui peuvent représenter jusqu’à 40 à 50% de la production globale », analyse François Clément, directeur du Centre français du riz.

Une production qui est impactée également par une eau trop salée. C’est la première fois que les remontées marines dans le fleuve Pô en Italie ou dans le Rhône sont si précoces dans la saison. Or à plus de deux grammes de sel par litre, le riz n’offre plus les mêmes rendements.

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Un manque de soutien flagrant

Pour compenser cette baisse de récolte à venir, l’Europe se prépare donc à acheter de nouveaux achats de riz. « C’est sûrement la première année où on sera obligé d'importer beaucoup plus de riz d'Asie parce qu'il va manquer pratiquement un million de tonnes en Europe cette année (par rapport au million qu’on importe déjà, ndlr). Ca va faire pratiquement deux millions de tonnes d’importés », note Bertrand Mazel, président de l’Union des producteurs riziculteurs européens.

Bertrand Mazel l'assure, l'Europe aurait les capacités d'être auto-suffisantes en riz techniquement. À condition d'avoir un plus grand soutien des politiques publiques, des collectivités territoriales, mais également des consommateurs.

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