Face à la polémique, la venue à un congrès de gynécologie du professeur Daraï, accusé de viol, annulée

L'hôpital Tenon, le 23 septembre 2021 à Paris - THOMAS COEX © 2019 AFP
L'hôpital Tenon, le 23 septembre 2021 à Paris - THOMAS COEX © 2019 AFP

Les associations dénonçaient une invitation "de la honte". L'organisation du colloque défendait la "présomption d'innocence". La venue programmée du professeur Emile Daraï au congrès Paris Santé Femmes, un congrès sur l'actualité et sur les avancées en matière de gynécologie et d'obstétrique, organisé par le Collège national des gynécologues et obstétriciens français, a provoqué la colère des associations.

Emile Daraï, gynécologue reconnu par ses pairs, spécialiste de l'endométriose, et invité à prendre la parole ce mercredi sur les actualités médicales dans le domaine de l'oncologie, est en effet visé par une enquête préliminaire pour "viol" après le dépôt de plusieurs plaintes depuis l'an dernier.

"Ne soyez pas complices de la honte: refusez l’intervention du Pr Daraï!", a interpellé sur Twitter le collectif Stop aux violences obstétricales et gynécologiques, qui a appelé à un rassemblement mercredi matin devant l'entrée du congrès Porte de Versailles à Paris.

Face à la polémique, et "pour préserver le plus grand congrès annuel français consacré à la santé des femmes", le Pr Emile Daraï a décidé d'annuler sa participation, a appris BFMTV.com auprès du Collège national des gynécologues et obstétriciens français.

"Prendre en compte la parole des victimes"

En septembre dernier, une enquête judiciaire pour "viol" avait été ouverte par le parquet de Paris après une plainte d'une première patiente. Depuis, 24 autres femmes se sont manifestées.

Ces plaignantes dénoncent la violence du médecin, gynécologue à l'hôpital Tenon, violence à la fois physique et verbale, et des pratiques pouvant s'apparenter à un viol. Depuis, et les conclusions d'une enquête interne, le praticien a été suspendu de manière définitive de ses fonctions de chef de service et responsable pédagogique.

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Le rapport de l'enquête interne "ne retient aucune connotation sexuelle", "certains manquements ont été relevés dans le recueil du consentement à certains gestes". "A la lumière des différents témoignages contre le professeur Daraï, la commission estime que l’obligation d’information de ces patientes, le soulagement de leur douleur, le respect de leurs volontés n’ont pas été respectées", relevait-on encore dans ce rapport.

"Il est scandaleux qu'il soit intervenant et donc mis en avant par le CNGOF, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français, tout en continuant de consulter et d'opérer à l'hôpital Tenon", a dénoncé le collectif. "Il n'est pas possible de protéger l'un des leurs et ne pas prendre en compte la parole des victimes", a encore estimé auprès de BFMTV.com Sonia Bisch, la porte-parole du collectif.

"Présomption d'innocence"

Le professeur Emile Daraï s'est toujours défendu, dénonçant des accusations sans fondement. Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français, qui se dit "conscient de l'émoi" provoqué par la venue du médecin, avait justifié sa présence au nom du principe de "présomption d'innocence, principe fort dans notre pays".

"Si le Pr E. Daraï a été démis de ses fonctions de chef de service, il est autorisé à travailler par la justice française et par ses employeurs, l’Assistance Publique Hôpitaux de Paris et Sorbonne Université", écrit le collège dans un communiqué.

Le CNGOF dit également que le professeur Daraï, "spécialiste reconnu de Gynécologie, continue à publier et à être invité dans les congrès internationaux".

Article original publié sur BFMTV.com

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