Face à Philippe sur la réforme des retraites, cette enseignante a été très applaudie

Astrid de Villaines

POLITIQUE - Le débat était comme étouffé. Les questions prises les unes derrière les autres, avec peu d’espace pour s’exprimer. Ce vendredi 13 décembre au soir, à Nancy, le Premier ministre Édouard Philippe et son ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer se sont rendus dans un gymnase de la ville pour débattre avec des enseignants de la réforme des retraites qui les concerne particulièrement en ce qu’elle modifie le calcul de leurs pensions.

D’où de nombreuses inquiétudes, notamment sur la revalorisation de leurs rémunérations qui n’est pas encore fixée, à part sans doute dans la loi qui doit être présentée en février au parlement. De nombreuses questions ont été posées sur ce sujet, mais pas seulement, laissant entrevoir une nouvelle fois le grand malaise qui touche la profession.

Les longues réponses des ministres ne semblaient pas convaincre, comme si le débat n’était en fait qu’un dialogue de sourds. Quand soudain, au bout d’une heure d’échanges, une enseignante a pris la parole quelques minutes avant que le Premier ministre ne reparte.

“Nous ne pouvons pas oublier ce que nous faisons”

Le ton calme et posé, elle dit tout haut ce que nombreux pensent tout bas, au vu des applaudissements qui ont accompagné sa question. “Nous sommes rémunérés pour un travail concret dont nous sommes fiers, commence-t-elle, Si concret que, contrairement à monsieur Delevoye, nous ne pouvons pas oublier que nous le fassions”, lance-t-elle en référence aux trois oublis révélés par la presse sur la déclaration d’intérêt du Haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye. 

Nous souffrons de l’alourdissement des tâches qui s’ajoutent et d’un manque de reconnaissance, poursuit-elle, avant de se lancer dans une anaphore. “Au lycée, notre avis n’a pas été pris en compte lors de la réforme du lycée qui ne nous permet plus d’assurer un suivi correct des élèves, notre avis n’a pas été pris en compte lors de la mise en place du plan 4.0 (un plan d’enseignement lié au numérique...

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