Face à la pénurie de profs, Pap Ndiaye annonce un « concours exceptionnel de titularisation »

French Education and Youth Minister Pap Ndiaye arrives to attend the weekly cabinet meeting after a government reshuffle at the Elysee Palace in Paris, France, July 4, 2022. REUTERS/Benoit Tessier
BENOIT TESSIER / REUTERS French Education and Youth Minister Pap Ndiaye arrives to attend the weekly cabinet meeting after a government reshuffle at the Elysee Palace in Paris, France, July 4, 2022. REUTERS/Benoit Tessier

BENOIT TESSIER / REUTERS

Pap Ndiaye, le 4 juillet 2022 à l’Elysée.

ÉDUCATION - Pour sa première rentrée scolaire en tant que ministre de l’Éducation, Pap Ndiaye est confronté à l’épineuse question de la pénurie de professeurs. Pour répondre à cette crise, il a annoncé, ce vendredi 26 août, la tenue d’un concours exceptionnel de titularisation pour les professeurs contractuels au « printemps 2023 ».

« Une organisation aussi vaste que l’Éducation nationale a besoin d’un volant d’enseignants contractuels », a fait valoir le ministre au cours de sa conférence de presse de rentrée, alors que plus de 4 000 postes n’ont pas été pourvus cette année aux concours enseignants dans le pays (sur 27 300 postes ouverts dans le public et le privé).

La pénurie d’enseignants a conduit à l’embauche de « 3 000 contractuels », notamment à l’issue de controversés « job-dating » pour le retour des élèves en classe le 1er septembre prochain. Ils ont seulement reçu quelques jours de formation. « Au bout de 4 jours de formation, on a un équipement minimal », a reconnu Pap Ndiaye ce vendredi.

Les salaires revalorisés « à la rentrée 2023 »

Le syndicat enseignant SE-Unsa a alerté jeudi sur la « fragilité » du système éducatif, déjà éprouvé par la crise sanitaire et les réformes successives. « Notre système d’éducation se rapproche d’un point de rupture », a déclaré son secrétaire général Stéphane Crochet. « La rentrée sera difficile » pour l’école publique, a prévenu de son côté le SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire.

Face à ces inquiétudes, Emmanuel Macron est intervenu jeudi sur le sujet lors de la réunion de rentrée des recteurs d’académie. Il a souhaité « qu’on reprenne à bras-le-corps le sujet de la formation des enseignants » et détaillé la feuille de route de l’exécutif pour l’école.

La hausse des salaires, annoncée par le chef de l’État a été confirmée jeudi soir par Pap Ndiaye, invité du JT de France 2. « Ce sera pour la rentrée scolaire 2023 », a-t-il dit. Emmanuel Macron avait indiqué que la revalorisation des salaires des enseignants serait « poursuivie » afin qu’aucun d’entre eux ne commence sa carrière « à moins de 2 000 euros nets » par mois. Actuellement, les 2 000 euros nets sont atteints à l’échelon 8 sur la grille des salaires (entre 13 et 14 années d’ancienneté).

À cette revalorisation s’ajoutera un « pacte pour les enseignants » qui leur permettra, sur une base volontaire, de « s’engager (...) dans des missions supplémentaires », comme le suivi individualisé, des tâches d’encadrement ou « des actions qui ont du sens », et qui seront « rémunérées », a poursuivi le ministre.

D’autres chantiers attendent Pap Ndiaye, comme celui de la voie professionnelle, qui doit traverser une « transformation profonde », selon Emmanuel Macron, qui veut « réarrimer très en profondeur et en amont le lycée professionnel avec le monde du travail », ainsi que la mise en place de « l’école du futur ». Le président a annoncé la création d’un fonds d’innovation pédagogique d’« au moins 500 millions d’euros », dès septembre, pour les établissements souhaitant mettre en place un projet pédagogique spécifique.

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