Hausse des agressions d'élus: la gendarmerie forme les maires à faire face à la violence

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Le fronton d'une mairie (image d'illustration). - -
Le fronton d'une mairie (image d'illustration). - -

Dimanche, le maire d'Ouges, en Côte-d'Or, a été violemment agressé par un groupe d'individus en pleine rue. Frappé à la tête avec une barre de fer, l'édile s'est vu reconnaître une interruption totale de travail de deux jours. Début mai, trois jeunes hommes ont été condamnés pour avoir frappé au visage et légèrement brûlé la main du maire de Miribel-Les-Echelles, en Isère, un an plus tôt.

Des phénomènes réguliers: en 2020, le ministère de l'Intérieur a recensé 1276 signalements de menaces et agressions à l'encontre des élus, une augmentation de plus de 200% par rapport à 2019. Maire depuis 32 ans, Olivier Paz constate une dégradation de la situation sur le terrain.

"Il y a 20 ans, la fonction de maire était un rempart contre la violence. Aujourd'hui, c'est devenu parfois le motif, voire une cause aggravante, dans le déferlement de violences", commente-t-il sur BFMTV ce mercredi.

Gérer les situations conflictuelles

Pour aider les élus à faire face, la gendarmerie propose, en collaboration avec l'Association des maires de France (AMF), des formations pour leur apprendre à gérer les situations conflictuelles. Écouter, communiquer, garder son calme, sont autant d'éléments mis en avant par ces gendarmes formés par des membres du GIGN, rompus aux techniques de négociations.

"On veut permettre à l'élu de bien catégoriser ce à quoi il a affaire. Est-ce quelqu'un qu'il peut raisonner? Auquel cas, il va falloir qu'il arrive à analyser sa problèmatique", explique à BFMTV Christophe Junqua, commandant du groupement de gendarmerie du Calvados.

Élisabeth Bisson, maire déléguée de Val-de-Vie dans le Calvados, "essaie de faire le maximum" dans sa commune, "mais quand on voit qu'on n'écoute pas, ça énerve", confie-t-elle. "On peut avoir problèmes quand il s'agit de gérer des tapages nocturnes, des menaces entre voisins", illustre Déborah Dutot, maire de Courtonne-les-Deux-Eglises.

Plus de 5000 maires déjà formés

Alors, les gendarmes essaient d'inculquer aux édiles les bons réflexes pour apaiser ces situations. L'un des adjudants formateurs recommande de "faire preuve d'empathie, de façon à ce que la pression redescende et qu'ensuite un dialogue s'instaure paisiblement".

Une formation "très enrichissante", selon Maddy Scheurer, porte-parole de la gendarmerie nationale qui rappelle que "le maire est en proximité de la population, il est confronté à une forme de violence, de misère sociale et donc on doit l'aider pour qu'il ne s'expose pas". Depuis le début de l'année, plus de 5000 maires ont déjà été formés.

Article original publié sur BFMTV.com

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