Face à la flambée du prix du chauffage, ce collège d’Avignon déménage des élèves

Le bâtiment dans lequel étudiait les élèves, particulièrement « vieillissant », était devenu trop dur à chauffer, justifie la direction académique. Illustration.
Getty Images Le bâtiment dans lequel étudiait les élèves, particulièrement « vieillissant », était devenu trop dur à chauffer, justifie la direction académique. Illustration.

ÉNERGIE - Une situation ubuesque. Les collégiens de la section Segpa du Lavarin à Avignon, dans le Vaucluse, vont devoir changer d’établissement à la rentrée des vacances de la Toussaint, rapporte France Bleu. La raison de cette délocalisation ? La direction académique a décidé de fermer le site au moins jusqu’aux prochaines vacances de printemps pour limiter la facture de chauffage cet hiver.

Le bâtiment dédié aux élèves en classe Segpa est « vieillissant », justifie la direction. « Les déperditions énergétiques y sont très importantes et le chauffage du site pèse lourdement sur le budget global du collège », appuie-t-elle encore. Par conséquent, les collégiens devront suivre l’ensemble de leurs cours au collège Anselme Mathieu, avenue de la reine Jeanne, à près de trois kilomètres de leur ancien établissement.

Quelques mois auparavant, le département du Vaucluse avait pourtant prévu une rénovation complète du site du Lavarin, rapporte France Bleu. Mais les travaux, estimés à un million d’euros, ont récemment été annulés, pour leur préférer le déménagement des élèves.

Un gros risque de décrochage scolaire

Une honte pour les familles, majoritairement issues de la communauté des gens du voyage, qui rechignent à envoyer leurs enfants de l’autre côté de la rocade d’Avignon. « C’est loin, il faut prendre le tram et le car, on fait comment ? », interroge l’une d’elles auprès de nos confrères de la presse régionale. « Ils obligent nos enfants à rester à la cantine, mais moi je ne veux pas. Et je ne veux pas que mon fils sorte du Lavarin » , poursuit une autre.

La direction académique, qui assure que « tout a été organisé au sein du collège pour offrir à ces élèves des conditions d’apprentissage optimales », propose de payer le bus, voire la cantine aux familles les plus modestes. Mais la solution ne satisfait pas les parents d’élèves, qui menacent de ne pas envoyer leurs enfants dans l’établissement de remplacement.

Face à cet imbroglio, la branche départementale de Force ouvrière Enseignement pointe du doigt le risque de décrochage scolaire et croise les doigts pour que la délocalisation temporaire n’aboutisse pas à une fermeture de l’établissement.

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