Face à la crise, l'aide alimentaire est devenue indispensable pour les étudiants

Hugo Septier
·2 min de lecture
Des étudiants patientent devant les locaux de l'association Linkee - BFMTV
Des étudiants patientent devant les locaux de l'association Linkee - BFMTV

"Parfois on choisit de manger le soir. On évite le midi, pour gagner un peu." A travers son témoignage au micro de BFMTV, Mohamed, un étudiant parisien, résume la situation de précarité extrême dans laquelle se trouvent une partie des étudiants français, dans cette période de crise sanitaire et sociale liée à la pandémie de Covid-19.

Plusieurs heures d'attente

Depuis un an, bon nombre d'entre eux ont en effet perdu leur emploi, parfois liés au monde culturel et de l'événementiel, ainsi que les salaires d'appoint qui leur permettaient de vivre décemment. Ces dernières semaines, les files d'attente pour récupérer un panier repas sont de plus en plus longues à Paris, mais aussi dans d'autres villes de France.

"On n’a pas tous les moyens de pouvoir se nourrir comme on veut. Ce qui est bien aussi c’est qu’ici ils distribuent des produits d’hygiène qui coûtent cher, surtout quand on est une fille", explique Louison, étudiante à Nanterre. L'organisation étudiante la Fage évalue en effet à 285 euros annuels la facture des tampons ou serviettes hygiéniques.

Louison a ainsi du patienter près d'une heure dans le froid, à la porte de ce bar transformé en local pour Linkee, une association qui redistribue des invendus de commerçants. En plus de délivrer des produits alimentaires, la dizaine de bénévoles présents ce jour-là se veulent également conviviaux.

"Plutôt que de la tristesse, de l’indignation, on donne de l’envie d’agir et de changer les choses. Ici il y a aussi des étudiants précaires qui viennent donner un coup de main", souligne Julien Meimon, président de l’association.

Un problème national

Les annonces faites au monde étudiant en janvier par Emmanuel Macron, dont les repas à un euro pour tous les étudiants de France, sont donc insuffisantes. Ce jour-là, après une heure d'attente, Louison a pu bénéficier de légumes ainsi que de céréales, d'oeufs et de plats préparés. Au total, sept kilos de denrées qui devraient lui permettre de tenir environ une semaine. Chaque semaine, 20.000 paniers repas sont ainsi distribués par Linkee.

Cette association n'est d'ailleurs pas la seule à venir en aide aux étudiants. Toujours à Paris, le collectif La Mie, en collaboration avec la municipalité, a publié une liste de plusieurs organisations qui mettent sur pied des distributions dans la capitale.

Le problème de la précarité étudiante ne se circonscrit d'ailleurs pas à la seule région parisienne. Face aux difficultés rencontrées, le Conseil départemental du Cher a récemment voté une enveloppe de 30.000 euros pour aider les étudiants à se nourrir, souligne France Bleu. A Lyon également, de nombreuses distributions sont mises en place afin de venir en aide aux plus démunis.

Article original publié sur BFMTV.com