Face à une chute record de la livre, les Libanais manifestent leur désespoir et leur colère

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La rue libanaise s’est enflammée mardi après une nouvelle dépréciation historique de la livre face au dollar. La monnaie libanaise a atteint un niveau dix fois plus bas qu’avant la crise. Alors que l’effondrement du Liban s’accélère, classe politique ne s’est toujours pas entendue sur un nouveau gouvernement.

Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

Désordre, confusion, angoisse : les Libanais observent leur pays s’effondrer à une vitesse hallucinante. Face à cette situation dramatique et à la passivité de leurs dirigeants, leur colère grandit. Leur désespoir aussi.

Mardi 16 mars, la livre a encore atteint un taux historiquement bas, passant la barre des 15 000 livres pour un dollar. Dix fois plus que sa valeur avant la crise.

Cette dépréciation inédite de la monnaie nationale s’est accompagnée d’une autre mauvaise nouvelle : le Premier ministre démissionnaire Hassan Diab a annoncé la levée des subventions sur le carburant fin mars. Le ministre des Finances Ghazi Wazni a prédit, lui, l’arrêt de toutes les subventions d’ici deux à trois mois.

Des centaines de milliers de Libanais n’arrivent déjà pas à boucler leur fin de mois en raison de la destruction de leur pouvoir d’achat et de la hausse vertigineuse des prix.

Partout dans le pays, des manifestants en colère ont fermé des routes, pris d’assaut des commerces pour faire des stocks ou des stations d’essence pour faire le plein, de crainte de pénuries. De grandes chaines de supermarchés ont annoncé ce mardi la fermeture de leurs portes jusqu’à la stabilisation de la monnaie nationale.

Malgré cette situation dramatique, les partis politiques ne parviennent toujours pas à s’entendre sur un nouveau gouvernement qui pourrait ramener un brin de confiance et un peu de stabilité.

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