Face à la canicule, Olivier Véran occupe le terrain

Clarisse Martin
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Olivier Véran, le 29 juillet 2020 à Montigny-le-Bretonneux. - FRANCOIS GUILLOT / AFP
Olivier Véran, le 29 juillet 2020 à Montigny-le-Bretonneux. - FRANCOIS GUILLOT / AFP

Alors que les températures atteignent des sommets et que 45 départements sont placés en vigilance canicule, pas question d'être aux abonnés absents. Olivier Véran le rappelait encore implicitement ce vendredi matin, en se rendant dans un Ehpad à Thiviers, en Dordogne, afin d'évoquer la vague de chaleur "très importante" qui doit durer jusqu'à mercredi prochain et rappeler les bons gestes pour se prémunir de la chaleur. Interdiction de donner le sentiment de prendre la question à la légère.

Le spectre de la canicule de 2003

La faute à une séquence qui s'est tenue 17 ans plus tôt. Les images ont marqué au fer rouge les ministres de la Santé qui se sont depuis succédé. 11 août 2003, la France est en proie depuis plusieurs jours à une canicule sans précédent. Jean-François Mattei, alors ministre de la Santé de Jacques Chirac, est en vacances dans une maison du Sud de la France malgré la crise.

Au journal télévisé de TF1, il rompt sa villégiature et apparaît bronzé, en polo noir, pour annoncer le bilan meurtrier de la vague de chaleur, qui avait fait que l'été 2003 avait constitué l'été le plus chaud depuis 1950. Le ministre annonce bien la mise en place d'un numéro vert, rappelle Ouest-France, mais trop tard, l'image désastreuse est restée, l'erreur de communication sévèrement pointée, comme dans Libération.

Peu de vacances pour la Santé

Olivier Véran ne fait pas exception: comme ses prédécesseurs, il se souvient de la prise de parole de Mattei. Conséquence directe ou non, en juin déjà, on indiquait à BFMTV que le successeur d'Agnès Buzyn n'aurait pas - ou peu - de vacances en raison des crises à gérer: celle, qui perdure, liée au coronavirus, et l'autre, liée aux risques désormais récurrents de très fortes chaleurs.

Dans les faits, Olivier Véran veut donc occuper le terrain, et n'hésite pas à se montrer.

"C'est la premiere grosse alerte de l'été avec un certain nombre de départements qui sont classés en orange, raisons pour lesquelles j'ai choisi de faire ce déplacement", a-t-il justifié face aux caméras ce vendredi, disant avoir voulu être aux côtés des "personnes les plus fragiles face au risque de chaleur, de déshydratation".

Olivier Véran, comme son lointain prédécesseur Mattei, a également annoncé la mise en service d'un numéro vert, le 0800 06 66 66, "pour toute question liée à la canicule", avant de rappeler la nécessité de boire de l'eau avec régularité et de rechercher la fraîcheur pour éviter le coup de chaud.

Même stratégie pour Buzyn en 2019

"Je préférerais qu'on soit autour de la table pour discuter des mesures à prendre, plutôt qu'avoir des ministres qui donnent des conseils. Là, j'ai entendu un médecin, pas un ministre. C'est le langage du médecin à ses patients, mais est-ce que c'est le rôle du ministre?", s'est agacé sur BFMTV Christian Prudhomme, porte-parole de l'Association des médecins urgentistes de France, qui reproche la stratégie de communication au détriment du fond.

L'été 2019, deux périodes de canicule exceptionnelles avaient marqué la saison, avec un record absolu de 46 degrés. Agnès Buzyn, comme Olivier Véran, n'avait pas ménagé ses prises de parole à cet égard, appelant les entreprises à décaler les horaires, favoriser le télétravail et les citoyens à faire preuve de "solidarité" entre eux.

Article original publié sur BFMTV.com