Face à la baisse du niveau en orthographe, Pap Ndiaye veut renforcer la pratique de la dictée en CM1 et CM2

Après la publication d'une étude en décembre soulignant la baisse du niveau en orthographe des élèves de CM2, le ministre de l'Éducation nationale veut augmenter le temps consacré à la dictée à l'école.

Le ministère de l'Éducation nationale s'alarme du niveau d'orthographe des élèves. Dans une note à l'attention des recteurs et des professeurs, que Franceinfo et Le Figaro ont pu consulter, le ministère recommande entre autres des exercices "de toute nature, notamment de dictée brève quotidienne" dans les classes de CM1 et CM2, afin d'"automatiser les règles de grammaire et d'orthographe". Un programme qui s'inscrit dans la lignée des annonces du ministre de l'Éducation nationale, Pap Ndiaye, mardi.

À l'Assemblée nationale, il a déclaré que parmi les recommandations, qui doivent être envoyées "cette semaine", figurent une "pratique régulière de la dictée" et une "pratique quotidienne de la rédaction".

Le niveau d'orthographe des élèves français est revenu sur la table après la publication début décembre, par le ministère, d'une étude selon laquelle les performances en orthographe des élèves de fin d'école élémentaire sont toujours en baisse en 2021, mais de façon "moins marquée" qu'en 2015.

Selon cette enquête sur l'orthographe, menée à quatre reprises depuis 1987 avec la même dictée pour des élèves de CM2, le nombre moyen d'erreurs a augmenté régulièrement.

"En 2021, les élèves font en moyenne 19,4 erreurs contre 18 en 2015, 14,7 en 2007 et 10,7 en 1987", rapporte l'agence des statistiques du ministère de l'Éducation (Depp).

Une réforme de la classe de 6e

Citant cette étude, le ministre de l'Éducation nationale déplorait mercredi dernier sur BFMTV-RMC des "difficultés majeures dans les savoirs fondamentaux", le français et les mathématiques, qui se révèlent non seulement en 6e mais aussi "en CM1 et CM2".

Si Pap Ndiaye a écarté toute responsabilité des enseignants, il a suggéré que "le temps d'écriture, de rédaction, est sans doute trop faible", remettant en cause l'organisation des programmes. Il a promis des "mesures relatives à des choses classiques", avec le renforcement de la pratique des dictées ou de l'étude des conjugaisons en CM1 et en CM2.

Concernant l'entrée au collège, le ministre entend mener "une réforme de la classe de 6e" avec notamment "la création d'une heure hebdomadaire de renforcement ou d'approfondissement en français ou mathématiques selon le niveau des élèves, par petit groupe". Elle sera assurée par des professeurs des écoles.

Des syndicats peu convaincus

Du côté des syndicats, les annonces peinent à convaincre. Jérôme Fournier, secrétaire national du syndicat SE-UNSA, estimait mercredi sur BFMTV que la note adressée aux professeurs relevait plus "de la communication vers l'opinion publique que vers les enseignants", puisque ces derniers "savent déjà ce qu'ils ont à faire avec leurs élèves".

Concernant la réforme de la 6e, les syndicats de la Fédération syndicale unitaire de l'Éducation nationale (SNUipp, SNES, SNEP, SNUEP) dénonçaient la semaine dernière un "saupoudrage d’heures de soutien" qui "s’ajoute à ce qui existe déjà: activités pédagogiques complémentaires à l’école, devoirs faits au collège, stages de remise à niveau, des dispositifs qui n’ont jamais fait la preuve de leur efficacité puisque les inégalités se creusent toujours".

Dans leur communiqué, ils demandaient "des effectifs raisonnables" dans les classes et "des moyens permettant d’organiser dans toutes les disciplines du travail en groupes à effectif réduit".

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO- Pap Ndiaye recommande la dictée quotidienne pour rehausser le niveau des élèves en français