Fac de médecine d'Angers: colère contre une sanction jugée trop légère pour un étudiant accusé de viol

Fac de médecine d'Angers: colère contre une sanction jugée trop légère pour un étudiant accusé de viol
Un amphithéâtre (image d'illustration) - -
Un amphithéâtre (image d'illustration) - -

Le traitement des violences sexistes et sexuelles peine à faire l'unanimité dans les universités. Ce mardi, des étudiants de l'université d'Angers, soutenus par des syndicats et association (Unef, Fage, Anemf), ont dénoncé l'"échec" de la section disciplinaire de leur établissement.

L'affaire débute en octobre 2021: un étudiant en médecine est soupçonné d'avoir violé une autre étudiante lors du week-end d'intégration organisé par l'Association des étudiants en médecine d'Angers (Adema).

"Alors que le malaise et la peur" s'installent dans la faculté, selon les mots des étudiants, le président de l'université saisit la section disciplinaire des usagers de l'établissement, composée d'étudiants et d'enseignants. Un étudiant et une enseignante sont désignés pour mener une instruction sur ces faits.

View this post on Instagram

! 🐚🐪

A post shared by Viktorija Burakauskas (@toribur) on Jan 21, 2020 at 8:43am PST

Ils ont écouté le témoignage de 14 personnes lors d'auditions, qui mettent au jour que plusieurs autres étudiantes ont fait part de comportements répétitifs et déplacés de sa part - il se serait livré à des attouchements non consentis lors de soirées ou événements d’intégration, ce qui constitue une agression sexuelle.

Exclusion avec sursis

La section disciplinaire s'est réunie le 20 septembre dernier pour statuer sur le cas de l'étudiant, mis en cause pour "atteinte à l'ordre, au bon fonctionnement ou à la réputation de l'université". La décision de la commission, consultée par BFMTV.com, a été de lui infliger "une exclusion de l’université d’Angers pour une durée de deux ans avec sursis". L'établissement a déclaré à BFMTV.com avoir également pris un arrêté d'interdiction d'accès aux locaux.

"Cette décision permet à l'étudiant de reprendre librement ses études", dénoncent-ils dans leur communiqué de mardi.

Le jeune mis en cause pourra aussi "faire des stages cliniques (à l'hôpital, comme en libéral) au plus proche des patients, avec comme seule condition que la commission disciplinaire ne soit pas saisie une nouvelle fois, alors même qu'elle n'est que trop rarement saisie", poursuivent-ils.

Face aux critiques, l'université d'Angers se défend. "Cette affaire a été traitée avec sérieux", assure la direction, expliquant que la faculté travaille "de longue date pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles, les discriminations et le harcèlement". "C’est d’ailleurs grâce à tout ce travail de prévention et de sensibilisation que l’affaire a pu être révélée et instruite", ajoute-t-elle.

Il met en avant son ébriété

L'étudiant, entendu par la commission de discipline, a reconnu avoir eu un "comportement inapproprié avec plusieurs autres étudiantes" mais l'a imputé à sa consommation excessive d'alcool, à laquelle il a dit avoir mis un terme. Il a par ailleurs déclaré ne pas se souvenir d'un rapport sexuel qui n'était pas consenti, selon la décision de la commission.

La section note que ses agissements "ont généré un sentiment d’anxiété chez certaines des étudiantes concernées, ainsi qu’un climat de stress et une vigilance accrue lors des soirées étudiantes" ainsi qu'un "sentiment d’insécurité affectant le climat des promotions concernées". Le doyen de la faculté a aussi saisi le procureur de la République d’Angers, selon Ouest-France. "Mais ce dernier, après l’ouverture d’une enquête, aurait classé l’affaire sans suite, faute de preuves", rapporte le quotidien régional. Contacté, le parquet n'a pas répondu à nos sollicitations.

Article original publié sur BFMTV.com