Fabcaro, Lucky Luke, Iznogoud... Des BD à lire pendant les vacances de la Toussaint

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Des centaines de nouveautés ont investi les librairies ces dernières semaines, à la faveur de la rentrée littéraire. Pour vous guider dans cette jungle de papier, nous vous avons sélectionné des pépites à lire pendant les vacances de la Toussaint. Au programme: le retour inattendu de certains héros de la bd franco-belge, de l'humour débridé, des polars poisseux, de la science-fiction et des témoignages forts.

•Le retour de Fabcaro

Le très prolifique Fabcaro revient après deux ans d'absence. Il sort Moon River, album drolatique où il reprend la structure méta de Pause, album entre la fiction et l'autobiographie où il revenait sur son passage à vide après le succès de Zaï zaï zaï zaï. Moon River s'inscrit dans la lignée en alternant une histoire complètement absurde (une starlette se réveille un matin avec un pénis dessiné sur la joue, la police mène l'enquête) et les réactions effarées que cette BD suscite dans l'entourage de Fabcaro. Une passionnante réflexion sur le métier d'auteur de BD.

Moon River, Fabcaro, 6 Pieds sous Terre, 80 pages, 16 euros.

•Un Lucky Luke inattendu

Star de la BD allemande, Ralf König s'empare de Lucky Luke dans Choco Boys, un album hilarant qui confronte le personnage imaginé par Morris à une esthétique LGBT. Lucky Luke est relégué presque au second plan derrière Terrence, nouveau personnage très attachant de vacher homosexuel qui va lui raconter son histoire d'amour avec un autre garçon. Une parenthèse drôle et inattendue pour le cowboy, devenu depuis sa reprise par Matthieu Bonhomme, le héros de BD franco-belge le plus moderne.

Choco Boys, Ralf König, Dargaud, 64 pages, 16 euros.

•Une histoire feel good

Connu pour ses récits de SF (Chronosquad) et ses mélodrames (Un océan d’amour), Grégory Panaccione revient avec Quelqu’un à qui parler. Inspiré par un roman de Cyril Massarotto, cette histoire de seconde chance met en scène la rencontre entre un adulte et lui-même enfant. Un dessin très expressif réalisé en totale improvisation par son auteur. Un véritable tour de force qui sublime une histoire convenue mais feel good.

Quelqu’un à qui parler, Grégory Panaccione, Le Lombard, 256 pages, 22,50 euros.

•Sur les traces de Goscinny

L'ignoble vizir Iznogoud qui veut devenir calife à la place du calife revient dans les librairies avec un album réunissant cinq courtes aventures du personnage imaginé par René Goscinny et Jean Tabary. Au programme de ces histoires écrites notamment par Jul (Silex and the City, Lucky Luke): des chômeurs envoyés à Pal-emploi, des "deezeur" de bonne aventure et un Iznogoud plus méchant que jamais...

Iznogoud, tome 31, Moi Calife..., IMAV, 48 pages, 11,90 euros.

•Polar poisseux

Neuf mois après le récit introspectif Oleg, Frederik Peeters est de retour avec Saint-Elme, nouvelle série prévue en quatre tomes conçue avec Serge Lehman, son scénariste de L’Homme gribouillé, et présentée comme une sorte de "Twin Peaks écrit par Jean-Patrick Manchette". L'intrigue débute dans une petite ville de montagne où un détective est envoyé pour retrouver un fugueur. Rien ne va dérouler comme prévu dans cette histoire envoûtante mise en scène avec efficacité par Frederik Peeters.

Saint-Elme, Serge Lehman (scénario) et Frederik Peeters (dessin), Delcourt, 80 pages, 16,95 euros.

•L'histoire secrète des acolytes des super-héros

Le scénariste Jeff Lemire et le dessinateur Tonci Zonjic signent le comics le plus marquant des derniers mois. Spin-off de Black Hammer et hommage appuyé au travail de Frank Miller et David Mazzucchelli sur Year One et Daredevil Born Again, Skulldigger + Skeleton Boy se penche sur le traumatisme original des super-héros et le destin moins médiatisé de leurs acolytes. Un récit saisissant qui impose Tonci Zonjic comme l'un des plus grands dessinateurs américains contemporains.

Skulldigger + Skeleton Boy, Jeff Lemire (scénario) et Tonci Zonjic (dessin), Urban Comics, 160 pages, 16 euros.

•Un cri d'alerte sur l'état du monde

Auteur de récits de reportage (Les Ignorants) où il rend hommage au courage des gens ordinaires, Etienne Davodeau revient au genre qui l’a fait connaître du grand public avec Le Droit du sol. Un album réalisé lors d’une ​​randonnée de 800 km des grottes de Pech Merle (Lot) au site d'enfouissement de déchets nucléaires à Bure (Meuse). Avec un double objectif: "comprendre ce qui sépare et ce qui relie ces deux lieux, ces deux dates", et alerter sur les questions énergétiques afin de protéger notre monde. À lire en parallèle du Monde sans fin, nouvel album de Christophe Blain et Jean-Marc Jancovici, qui alerte sur le choc énergétique.

Le Droit du sol, Etienne Davodeau Futuropolis, 216 pages, 25 euros.

Dans les coulisses du cinéma

Avant de devenir le réalisateur des Bronzés et des Spécialistes, Patrice Leconte commença sa carrière comme auteur de BD dans les pages de la revue Pilote. Cinquante ans plus tard, il revient à ses premières amours en tant que … personnage de BD. Suivi par les dessinateurs Joub et Nicoby, le cinéaste se confie avec humour et honnêteté sur son parcours, ses succès et ses échecs. Un livre drôle et éclairant sur le 7e Art, qui offre également un aperçu de la fabrication du nouveau film de Leconte, une adaptation de Maigret avec Gérard Depardieu.

Leconte fait son cinéma, Joub et Nicoby, Dupuis, 144 pages, 19 euros

•Une saga de SF singulière

Vincent Perriot poursuit sa saga de SF Negalyod, dont le premier tome est sorti il y a maintenant trois ans. Vincent Perriot livre une version très personnelle du futur, libérée de toute fascination pour le développement technologique. "Je crois qu’il est possible de tracer un nouveau sillon en science-fiction, en prenant véritablement en compte ce que seront notre monde et notre futur, au vu des informations dont nous disposons aujourd’hui", confie le dessinateur, dont le monde de fiction détruit par la montée des eaux, les incendies et les catastrophes naturelles montre aussi une humanité plus altruiste, plus débrouillarde, plus combative et donc plus humaine.

Negalyod, Vincent Perriot, Casterman, 200 pages, 25 euros.

•Un témoignage fort

Le dessinateur libanais Joseph Kai raconte les espoirs, les inquiétudes et le quotidien d’un jeune auteur de BD queer dans un Liban en train de basculer dans la violence, quelques mois avant la double explosion qui a ravagé le port de Beyrouth et causé la mort de 218 personnes le 4 août 2020. "Je me demande comment auraient été nos corps et nos sentiments sans le poids de la menace et de la peur. J’aurais voulu me connaître sans ça", s’interroge l’auteur dans son passionnant et impressionnant premier roman graphique.

L'Intranquille, Joseph Kai, Casterman, 168 pages, 20 euros.

Article original publié sur BFMTV.com

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