Féminisme : retour sur le parcours militant de Thérèse Clerc

Une allée de Montreuil (Seine-Saint-Denis) porte désormais le nom de Thérèse Clerc en hommage à cette féministe qui s’est battue pour le droit à l’avortement. Son sourire éclaire la façade de la Maison des Femmes, qu’elle a fondée juste à côté d’un autre de ses projets, la Maison des Babayagas, une résidence de femmes âgées autogérée. Issue de la bourgeoisie, cette femme mariée à 20 ans et mère de quatre enfants ne semblait pas destinée à un tel combat. Elle a commencé à défendre la liberté des femmes à partir de 1968, lorsque son mariage a volé en éclats. “N’ayant pas de savoirs, je ne savais rien faire, je me suis engagée aux Galeries Lafayette, et là, travaillant avec 3 000 femmes, la condition féminine m’est apparue dans toute son ampleur. C’est comme ça que peu à peu, je me suis engagée au mouvement pour la libération pour l’avortement et la contraception”, expliquait-elle en 1975. Des avortements clandestins Au début des années 70, cette féministe a réalisé de nombreux avortements clandestins pour les femmes qui n’avaient pas les moyens de se rendre à l’étranger. “Ce n’était pas une faiseuse d’ange, c’était une vraie militante. L’idée, ce n’était pas de faire souffrir les femmes, et ce n’était pas de s’enrichir là-dessus, elle faisait ça complètement gratuitement, c’était pour aider les femmes”, se souvient sa fille, Isabelle Fonbonne. Thérèse Clerc a reçu la médaille de la Légion d’honneur en 2008. Elle s’est éteinte en 2016 à 88 ans.