Féminicides: pour la présidente de la Fondation des Femmes, "le duo Dupond-Moretti/Darmanin, c'est la catastrophe"

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Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des Femmes, le 24 mai 2021 sur BFMTV - BFMTV
Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des Femmes, le 24 mai 2021 sur BFMTV - BFMTV

Un homme a été interpellé ce lundi Hayange (Moselle), soupçonné d'avoir tué au cours de la nuit sa compagne de 22 ans à coups de couteau, en pleine rue. La jeune femme avait déjà déposé une main courante contre lui, et porté plainte pour menaces, sans que l'on sache à ce stade si cette plainte a été portée à la connaissance de la Justice. "Ce genre de dysfonctionnements existe en pagaille", déclare ce lundi sur BFMTV Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des Femmes.

"Les choses s'étaient améliorées, on avait bien travaillé avec Christophe Castaner (ancien ministre de l'Intérieur) et Nicole Belloubet (ancienne ministre de la Justice), et en 2020 on avait vu une baisse des féminicides. Là par contre, le duo Dupond-Moretti/Darmanin, c'est la catastrophe", a-t-elle ajouté.

D'après le décompte du collectif "Féminicides par compagnons ou ex", ce meurtre en Moselle est le 43e féminicide recensé en 2021. En 2020, 90 féminicides ont été recensés par le ministère de l'Intérieur, contre 146 l'année précédente.

"La politique, une question de vie ou de mort pour les femmes"

La militante féministe dénonce le peu d'espace accordé par le ministre de l'Intérieur à la cause des féminicides, déplorant que Gérald Darmanin n'ait "même pas le temps de faire un seul discours sur le sujet des féminicides, une prise de parole..." Anne-Cécile Mailfert explique aussi qu'elle avait pu avoir un rendez-vous avec lui en février "pour lui parler des gros problèmes qu'on voyait, puisque l'on voit remonter les chiffres de féminicides. Le rendez-vous a été annulé, on n'en a toujours pas eu" de nouveau.

Alors que le ministre de l'Intérieur est beaucoup intervenu dernièrement, promettant plus de policiers, pour Anne-Cécile Mailfert, "quand on parle de moyens de la police, moi, j'aimerais les voir là. J'aimerais effectivement ne pas avoir un commissariat qui ferme à 18h, pour ne pas que les femmes soient assassinées devant des commissariats qui ferment à 18h", lance-t-elle, faisant référence au meurtre de la jeune femme à Hayange, qui eu lieu en face d'un commissariat fermé la nuit.

Selon elle, Gérald Darmanin "ne se préoccupe pas de la cause numéro une d'assassinat des femmes en France. La politique, quand il s'agit du droit des femmes, c'est une question de vie ou de mort pour les femmes. Quand on a des politiques qui s'investissent sur le sujet, cela peut fonctionner, quand ils se désinvestissent et vont chasser les fumeurs de joints plutôt que les tueurs de femmes, ça amène à cela".

Article original publié sur BFMTV.com

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