Féminicides : le nombre de femmes tuées en hausse de 20 % entre 2020 et 2021

People hold placards reading names of women as they lay on the ground of place de la Republique, in Paris, during a
DOMINIQUE FAGET / AFP People hold placards reading names of women as they lay on the ground of place de la Republique, in Paris, during a "die-in" demonstration called by different associations to denounce feminicides in France, on October 19, 2019. (Photo by DOMINIQUE FAGET / AFP)

DOMINIQUE FAGET / AFP

(Manifestation « die-in » contre les féminicides en octobre 2019 place de la République par plusieurs associations.

FÉMINICIDES - Un chiffre toujours effrayant. Le nombre de féminicides a augmenté de 20 % en France en 2021 par rapport à l’année précédente, avec 122 femmes tuées sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint, selon un bilan publié ce vendredi 26 août par le ministère de l’Intérieur.

Les femmes représentent 85 % du total des victimes de morts violentes au sein du couple en 2021 (143 décès dont 122 femmes et 21 hommes) contre 82 % en 2020, une part stable depuis 2006.

« Les 143 homicides conjugaux recensés en 2021 correspondent davantage au niveau du nombre de morts violentes au sein du couple observées avant l’épidémie de Covid-19 », précise l’étude du ministère de l’Intérieur.

Toujours le même profil type chez les meurtriers

Comme les années précédentes, les femmes sont les principales victimes : 102 d’entre elles avaient perdu la vie en 2020, alors que 146 féminicides avaient été recensés en 2019.

« Le profil type de l’auteur n’a pas changé. Il est majoritairement masculin, le plus souvent, en couple, de nationalité française, âgée de 30 à 49 ans ou de 70 ans et plus, et n’exerçant pas ou plus d’activité professionnelle », souligne l’étude.

Près d’une femme sur trois (32 %) avait déjà subi des violences antérieures et 64 % de celles-ci avaient signalé ces violences aux forces de l’ordre. Parmi ces dernières, 84 % avaient déposé une plainte.

« Ces chiffres sont glaçants. Malgré les efforts sans précédent engagés par l’État ces cinq dernières années, les féminicides restent à un niveau trop élevé », a réagi auprès de l’AFP Isabelle Rome, ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes.

Disputes et séparations non acceptées

Dans un tiers des cas (33 %), la présence d’au moins une substance susceptible d’altérer le discernement de l’auteur et/ou de la victime (alcool, stupéfiants, médicaments psychotropes) est constatée au moment des faits. Une écrasante majorité (78 %) des faits se sont déroulés au domicile du couple, de la victime ou de l’auteur.

Comme les années précédentes, les disputes (31 cas), les séparations non acceptées (27 cas) sont les causes principales du passage à l’acte. Elles sont suivies de près par la jalousie (25 cas) et la maladie de la victime (21 cas).

Dans un tiers des décès, tous sexes confondus, l’auteur a fait usage d’une arme blanche : 37 sont des hommes et 13 des femmes. Pour les armes à feux (46 décès) la quasi-totalité (44) sont utilisées par des hommes

Une part importante des auteurs d’une mort violente au sein du couple (43 %) se suicide ou tente de le faire à l’issue des faits. En 2021, 46 suicides et 15 tentatives ont été recensés, un nombre stable chaque année, qui concerne quasi exclusivement des hommes (60 hommes pour une femme).

En moyenne, un décès a été enregistré tous les deux jours et demi l’année dernière, contre un tous les trois jours en 2020.

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