Féminicide en Moselle: selon le procureur le suspect "n’était pas identifié comme étant un conjoint violent"

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Christian Mercuri, procureur de la république de Metz (Moselle) le 25 mai 2021
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Christian Mercuri, procureur de la république de Metz (Moselle) le 25 mai 2021 - BFMTV

Une jeune femme de 22 ans a été tuée dans la nuit de dimanche à lundi à Hayange (Moselle). Son compagnon a été arrêté lundi après avoir pris la fuite, et est suspecté d'être l'auteur des faits. Malgré une plainte de la victime contre lui le 3 novembre 2020 et une main courante déposée le 14 janvier 2020 "qui font état de violences verbales, de harcèlement, ou de menaces de mort", l'homme avait été placé sous bracelet électronique - pour une autre affaire - courant mai au même domicile que sa conjointe.

Le procureur de la République de Metz Christian Mercuri a répété mardi qu'il n'y avait "pas eu de dysfonctionnement" de la Justice, car cet homme "n’était pas judiciairement identifié comme étant un conjoint violent. S'il avait été identifié comme tel il n’aurait pas reçu un aménagement de peine au domicile conjugal, vous pouvez en être sûr", a-t-il assuré.

D'anciennes condamnations pour violences

Déjà interrogé à ce sujet lundi, le procureur de Metz avait expliqué que la jeune femme avait été recontactée à la suite de sa plainte "par un intervenant social de la police et qu'elle n'avait pas donné suite aux démarches entreprises par cet intervenant". D'autre part, la jeune femme avait accepté que son compagnon retourne à leur domicile, selon les informations de BFMTV.

Le casier judiciaire du jeune homme porte la trace de neuf condamnations, parmi lesquelles "deux ont trait à des faits de violences, elles sont relativement anciennes, datent de 2015 et ont été prononcées par un juge pour enfants", explique le procureur. Les autres sont "principalement des condamnations pour délits routiers, du style refus d'obtempérer".

Dernièrement, il avait été condamné à un an de prison pour des délits routiers, et avait obtenu un aménagement de sa peine à partir du 13 mai 2021, sous forme de placement avec bracelet électronique.

Une ancienne conjointe parle de menaces

Depuis l'arrestation de l'homme lundi, d'autres éléments sont venus appuyer le profil violent du suspect. Une de ses anciennes conjointes s’est par exemple présentée à la police, faisant état "de quelqu'un qui une fois qu’elle a voulu rompre avec lui a continué de la harceler, de lui téléphoner, voire de la suivre et l'avait menacé, pendant leur vie commune, de la défigurer" a expliqué le procureur.

De plus, après des vérifications, avant le mois de novembre, les enquêteurs ont trouvé qu'il y avait eu "plusieurs interventions de police secours au domicile conjugal, dont je n'ai pas les motifs exacts", a continué Christian Mercuri.

Plusieurs témoins ont, depuis lundi, déclaré être au courant des violences dans ce couple. Le suspect "était très violent. On avait dû appeler plusieurs fois la police parce qu'il lui tapait dessus, il faisait du trafic", a par exemple raconté une voisine à l'AFP. Des faits qui n'avaient pas été remontés à l'institution judiciaire, selon le procureur.

Article original publié sur BFMTV.com

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