Féminicide de Mérignac: sept policiers convoqués devant un conseil de discipline

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Un rapport de l'IGPN a mis en évidence plusieurs défaillances et erreurs d'appréciation qui avaient eu pour conséquence de ne pas empêcher la mort de Chahinez Boutaa. La femme de 31 ans a été tuée le 4 mai par son ex-conjoint en pleine rue.

Sept policiers, impliqués dans les défaillances et les erreurs d'appréciation qui ont conduit à ne pas empêcher la mort de Chahinez Boutaa, sont renvoyés devant un conseil de discipline. C'est le directeur général de la police nationale qui a pris cette décision à l'encontre de ces fonctionnaires.

À la fin du mois de septembre, l'Inspection générale de la police nationale a rendu un rapport pointant plusieurs fautes qui, mises bout à bout, ont eu pour conséquence de ne pas empêcher le passage à l'acte de l'ancien conjoint de cette femme de 31 ans, mère de trois enfants. L'homme de 44 ans lui a tiré dessus avant de la brûler vive le 4 mai en pleine rue à Mérignac. 

Après la remise de ce rapport, le directeur général de la police nationale a décidé d'engager une procédure à l'encontre de certains fonctionnaires ayant participé à cette enquête. Ils seront donc sept à passer en conseil de discipline, a appris BFMTV, confirmant les informations de RTL: le directeur départemental de la sécurité publique de Gironde, deux commissaires, deux officiers et quatre gradés et gardiens de la paix. 

Les policiers risquent jusqu'à la révocation

La mort de Chahinez Boutaa avait suscité une vive colère alors que la jeune femme avait porté plainte à l'encontre de son ex-compagnon, condamné à deux reprises pour des violences conjugales et libéré de prison en décembre 2020, sans qu'elle ne soit avertie. Cette dernière avait à nouveau porté plainte contre lui en mars dernier après que l'homme de 44 ans l'avait suivie et agressée. Une procédure mise en cause par les différentes enquêtes.

Les fautes relevées par l'Inspection générale de la police nationale concernent l'enquête en elle-même avec une plainte mal enregistrée, une procédure jugée bâclée et des choix controversés des policiers, notamment l'absence de surveillance du domicile de la victime. L'enquête a également mis en évidence que l'inspection n'avait pas été alertée sur le fait que le gardien de la paix qui a enregistré la plainte de la jeune femme avait été condamné pour des violences intra-familiales le 10 février dernier. 

En renvoyant ces sept policiers devant un conseil de discipline, le directeur général de la police nationale va plus loin que les préconisations de l'IGPN, qui proposait des sanctions directes décidées localement, comme un avertissement, un blâme ou une exclusion de trois jours. Devant le conseil de discipline, les fonctionnaires mis en cause risquent jusqu'à la révocation de la police.   

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Féminicide de Mérignac: le policier qui avait pris la plainte de la victime avait été condamné pour violences conjugales

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