Féminicide de Julie Douib: une ex-compagne du meurtrier raconte "harcèlement" et "violences"

"Je ne savais pas comment la contacter et j'avais peur de lui": au troisième jour du procès en appel du meurtre de Julie Douib, ce féminicide qui avait secoué la Corse, une ex-compagne de Bruno Garcia-Cruciani a raconté mardi avoir aussi été victime de violences.

La femme brune de 44 ans a pénétré dans la salle sans un regard vers le box vitré de l'accusé, expliquant avoir eu une relation avec lui de 1998 à 2005.

"A la suite de notre séparation, il m'a fait subir un harcèlement et des violences permanentes qui m'ont poussée à quitter L'Ile Rousse. (...) Il m'a dit +à partir de maintenant tu vas payer tout ce que j'ai fait pour toi, je vais faire de ta vie un enfer+", a-t-elle raconté.

Elle a notamment relaté une scène de violence après leur séparation: "Il m'a saisie par les épaules et m'a tapé la tête contre le mur", a-t-elle expliqué, ajoutant qu'elle avait vu un médecin et porté plainte.

En 2010, M. Garcia-Cruciani l'aurait également suivie en voiture avant de la doubler à vive allure et de se rabattre "très fort", a-t-elle déclaré.

"Il n'y a jamais eu de violence physique durant notre relation", a indiqué l'ancienne compagne de l'accusé, à la barre: "C'était des violences psychologiques, c'était des punitions".

Interrogée par Me Jean-Sébastien de Casalta, l'avocat de la partie civile, sur son absence lors du premier procès, la témoin s'est effondrée et a évoqué la "culpabilité" qu'elle ressentait à cette époque.

"Quand on a commencé à nous appeler pour nous dire ce qui se passait entre eux, en fait j'étais convaincue que ce qui m'était arrivé allait arriver. J'ai passé deux mois horribles à me demander comment je pouvais l'aider (NDLR: Julie Douib). Mais je ne savais pas comment la contacter et j'avais peur de lui", a-t-elle assuré.

Assurant ne pas faire de "parallèle" entre les deux relations, elle s'est dite "persuadée que même en prison il reste dangereux".

Le meurtre de Julie Douib, tuée à 34 ans en mars 2019 à L'Ile Rousse, par son ancien compagnon Bruno Garcia-Cruciani, 46 ans à ce jour, avait d'autant plus choqué que la victime avait déposé plainte à de multiples reprises contre son futur meurtrier.

jc-cdc/ol/alc