Féminicide d'Oberhoffen-sur-Moder: l'accusé condamné à 20 ans de réclusion

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Le mari de Sylvia Auchter, tuée de plusieurs coups de couteau en novembre 2019 quelques semaines après une plainte pour violences conjugales, a été condamné vendredi à 20 ans de réclusion criminelle, une peine inférieure aux réquisitions, par la cour d'assises de Strasbourg.

"C'est déplorable, ce n'est clairement pas assez", a réagi Stella Guitton, la fille de la victime. "Je suis sous le choc. Bien sûr la peine ne ramènera pas ma mère, mais ce n'est pas normal".

Jacqui Walter, 61 ans, était poursuivi pour meurtre sur conjoint et encourrait la réclusion à perpétuité. A la barre, il a exprimé des regrets et adressé des excuses à Stella Guitton.

"Si je n'avais pas bu, il ne serait jamais rien arrivé. Je regrette infiniment d'avoir pris la vie à Sylvia, personne ne mérite de mourir de la sorte, je m'excuse auprès de tout le monde", a-t-il déclaré.

Au cours de l'enquête, et de nouveau à l'ouverture du procès, il avait d'emblée reconnu avoir tué son épouse, alors âgée de 40 ans, dans la nuit du 10 au 11 novembre 2019 à Oberhoffen-sur-Moder (Bas-Rhin).

Ivre, il lui avait porté plusieurs coups de couteau, occasionnant quatre plaies profondes au niveau du cou et du thorax, à l'issue d'une violente altercation qui avait duré "plusieurs minutes", selon le médecin légiste. La victime présentait "15 plaies de défense" sur la main droite, et 22 sur la main gauche.

Les débats ont fait apparaître un "couple toxique", deux caractères "dominants", entre qui les violences sont peu à peu "montées en puissance", selon les mots de l'avocat général, Sébastien Pompey.

Trois semaines avant le meurtre, la victime avait déposé une plainte évoquant "des disputes et des violences légères, ainsi que des menaces de dégradations" sur un véhicule.

Estimant que le meurtre avait été "réfléchi et programmé", Sébastien Pompey avait requis une peine de 25 ans de réclusion.

L'avocate de la défense, Sophie Schweitzer, a estimé que la peine prononcée était "juste". "Il ne s'agissait pas d'un acte préparé, mais d'un accident de vie: il a craqué après des mois de souffrance".

Ce féminicide avait déclenché des réactions jusqu'au plus haut sommet de l'Etat: "Personne ne peut accepter un féminicide. Nous devons toute la transparence" à la fille de la victime, avait notamment déclaré le ministre de l'Intérieur de l'époque, Christophe Castaner.

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