Féminicide à Mérignac: des sanctions bientôt prononcées contre des policiers

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Des fleurs sont déposées le 5 mai 2021 à Mérignac, près de Bordeaux, à l'endroit où une femme de 31 ans a été brûlée vive par son mari - MEHDI FEDOUACH © 2019 AFP
Des fleurs sont déposées le 5 mai 2021 à Mérignac, près de Bordeaux, à l'endroit où une femme de 31 ans a été brûlée vive par son mari - MEHDI FEDOUACH © 2019 AFP

La mort de Chahinez Boutaa aurait-elle pu être évitée? Un rapport de l'Inspection générale de la police nationale pointe une série de fautes d'appréciations et d'erreurs d'appréciation, qui mises bout à bout ont conduit à ne pas empêcher le passage à l'acte du conjoint de cette femme tuée en pleine rue à Mérignac le 4 mai dernier.

Deux mois avant d'être tuée, Chahinez Boutaa, 31 ans, avait porté plainte contre son conjoint pour de nouvelles violences. Ce dernier avait déjà été condamné à deux reprises pour des violences conjugales. La dernière fois, en 2020, il avait écoppé de 18 mois de prison à l'encontre de cette femme, mère de trois enfants. Il était sorti de prison en décembre 2020, sans que cette dernière ne soit prévenue de sa libération.

Une plainte mal enregistrée

Un rapport de l'Inspection générale de l'administration et un rapport de l'Inspection générale de la police nationale pointent plusieurs défaillances des policiers qui ont suivi cette affaire, a appris BFMTV, confirmant des informations de France Inter. Les fautes relevées concernent l'enquête en elle-même: une plainte mal enregistrée, une procédure bâclée, des choix contestés, notamment une absence de surveillance du domicile de la victime.

Dans son rapport, l'IGA soulignait que "la grille d'évaluation du danger et la fiche d'évaluation des victimes" ont effectivement été "remplies" puis transmises par le policier au parquet, mais selon elle "il existe un doute sérieux sur le soin avec lequel ces grilles ont été renseignées".

Les deux inspections, dans leur rapport respectif, relèvent également ne pas avoir été informées que le gardien de la paix qui a enregistré la plainte de Chahinez Boutaa le 15 mars dernier avait également été condamné par le passé pour des violences intrafamiliales. Il a été condamné le 10 février dernier à une peine de 8 mois de prison avec sursis probatoire et non-inscription de cette condamnation au casier judiciaire.

Le directeur général de la Police Nationale a donc décidé de convoquer des conseils de discipline pour sanctionner les policiers dont les erreurs ont été mis en lumière par ces rapports. Ces derniers devraient écoper de sanctions pouvant aller de l'avertissement au blâme. Les policiers concernés n'ont pas encore été avertis.

Article original publié sur BFMTV.com

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