Exxon et Conoco disent non à Chávez

Les rapports entre les compagnies pétrolières occidentales et les pays producteurs n’ont jamais été aussi houleux depuis les années 1970 ; le retrait d’Exxon Mobil et de Conoco Phillips du Venezuela, où ces entreprises avaient investi des milliards de dollars, en apporte une nouvelle preuve. Ce durcissement général place les pétroliers face à un choix délicat. Si elles veulent rester dans les pays dotés d’importantes ressources naturelles, les compagnies pétrolières doivent accepter de perdre le contrôle des investissements et de voir baisser leur rentabilité. Un choix qui pourrait être lourd de conséquences pour les sociétés occidentales, qui ont du mal à exploiter de nouvelles réserves, ainsi que pour les insatiables consommateurs de pétrole du monde entier.
Le 26 juin, Exxon et Conoco ont refusé, contrairement à quatre autres compagnies, de céder à l’entreprise publique Petróleos de Venezuela SA (PdVSA) la majorité qu’elles détenaient dans plusieurs projets. PdVSA a quasiment doublé sa participation dans quatre grands projets, pour un total de 31 milliards de dollars [23 milliards d’euros], en la portant à environ 78 %. Le Venezuela n’est pas le seul pays à reprendre en main son secteur énergétique. Depuis quelques mois, soumis à une intense pression réglementaire de la part du Kremlin, BP et Royal Dutch Shell ont cédé le contrôle de lucratifs grands projets sibériens au monopole russe du gaz Gazprom, renforçant ainsi l’emprise du Kremlin sur les immenses réserves énergétiques du pays. Exxon doit aujourd’hui affronter le même genre de difficultés pour son grand projet de champ gazier Sakhaline-1 en Sibérie.
Dans un contexte de flambée de la demande pour toutes sortes de produits, de l’énergie aux métaux en passant par les denrées alimentaires, les pays qui disposent d’abondantes ressources naturelles veulent aujourd’hui leur part du gâteau. Ils réexaminent donc les contrats conclus à une époque où les prix des matières premières étaient plus faibles, et où il fallait offrir des conditions généreuses pour attirer les investisseurs occidentaux. La plupart des compagnies pétrolières occidentales ont accepté ces nouvelles règles du jeu. Grâce aux anciens contrats, elles affichent aujourd’hui des profits faramineux, et elles ont donc pu se permettre de rendre une partie de cette manne tout en continuant à gagner de l’argent. D’autant que les occasions d’investir ailleurs sont relativement faibles, nombre de réserves connues de matières premières dans des pays stables et industrialisés ayant déjà été exploitées.

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