Extrême droite au plus haut, abstention record depuis 1969... Les enseignements du second tour

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Des affiches représentant Emmanuel Macron et Marine Le Pen, le 24 avril 2022 à Bachos (Haute-Garonne) - VALENTINE CHAPUIS / AFP
Des affiches représentant Emmanuel Macron et Marine Le Pen, le 24 avril 2022 à Bachos (Haute-Garonne) - VALENTINE CHAPUIS / AFP

Fin du suspense, ce 24 avril à 20 heures: Emmanuel Macron a été réélu président de la République avec 58,55% des voix, contre 41,45% pour sa rivale du Rassemblement national (RN) Marine Le Pen, selon les résultats définitifs communiqués par le ministère de l'Intérieur.

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Une affiche identique à celle de 2017, avec des rapports de force qui ont toutefois changé et un écart qui s'est considérablement réduit entre les deux adversaires.

· Macron devient le premier président de la Ve République réélu sans cohabitation

Hormis François Mitterrand en 1988 et Jacques Chirac en 2002, aucun président de la République n'a depuis 1958 été réélu pour un second mandat consécutif. À noter que ces deux lointains locataires de l'Élysée étaient chacun en période de cohabitation lorsqu'ils ont été réélus à l'Élysée: François Mitterrand avait alors Jacques Chirac pour Premier ministre et Jacques Chirac Lionel Jospin.

Élu face à la candidate d'extrême droite Marine Le Pen, Emmanuel Macron devient donc ce dimanche 24 avril le premier chef de l'État réélu sans être en période de cohabitation.

Les prochaines législatives, qui se tiendront les 12 et 19 juin prochains, détermineront si Emmanuel Macron conserve ou non une majorité à l'Assemblée nationale. En 2017, La République en Marche (LaREM) avait obtenu une majorité absolue à la chambre basse, avec 308 sièges. À la fin du quinquennat, le groupe ne compte plus que 267 députés, dont quatre apparentés.

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· Macron devient l'un des présidents les plus mals élus de la Ve République

En 2017, Emmanuel Macron avait accédé à l'Élysée avec 66,1% des voix. Cinq ans plus tard, après avoir essuyé plusieurs crises au cours de son quinquennat - le mouvement des gilets jaunes, la pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine - le sortant a été reconduit avec 58,55% des voix selon les résultats partiels connus à minuit, accusant une perte de 7,55 points.

Jean-Luc Mélenchon a pointé ce dimanche soir le fait qu'Emmanuel Macron était "le plus mal élu des présidents de la Ve République". Dans les faits, il fait partie des plus mal élus, après Georges Pompidou, mais n'est pas le plus mal élu, selon les résultats incomplets calculés sur la base de 99% des électeurs inscrits.

Si son résultat en pourcentage des suffrages exprimés n'est pas le plus mauvais enregistré par un vainqueur de l'élection présidentielle, avec l'importance de l'abstention cette année, Emmanuel Macron n'a été élu qu'avec un peu plus de 38,52% des électeurs inscrits sur les listes électorales.

Un niveau très bas, qui n'a été dépassé que par Georges Pompidou: plombé par une abstention record, l'ancien Premier ministre de Charles de Gaulle n'avait accédé à la magistrature suprême qu'avec l'approbation d'un peu plus de 37,5% des électeurs inscrits.

· Le Pen améliore son score, l'extrême droite bat son record

En 2017, Marine Le Pen avait largement échoué au second tour avec 33,9% des voix. Cinq ans plus tard, si la candidate d'extrême droite était à nouveau qualifiée au second tour, comme son père Jean-Marie Le Pen il y a vingt ans, elle a grignoté quelque 7,76 points, récoltant 41,66% des suffrages.

En 2002, Jean-Marie Le Pen avait très nettement perdu face à Jacques Chirac avec 17,79% des voix.

Par son résultat ce dimanche soir, la députée du Pas-de-Calais signe un score record non seulement pour elle-même, mais aussi pour l'extrême droite sous la Ve République, qui n'a jamais atteint un tel niveau à une élection présidentielle, ni à une élection intermédiaire.

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· L'abstention à son point culminant depuis 1969

L'abstention s'établissait à 28,01%, selon les résultats définitifs dévoilés par le ministère de l'Intérieur. Ce chiffre constitue le plus élevé de l'abstention au second tour d'une élection présidentielle depuis 1969. Cette année-là, où Georges Pompidou l'avait emporté face à Alain Poher, l'abstention s'était établie à 31,15%.

Après une nette décrue en 1974 (12,67%), le taux d'abstention avait ensuite culminé en 1995 (20,34%), s'était stabilisé en 2002 (20,29%) avant de s'abaisser à 16,03% en 2007. Depuis cette élection, où Nicolas Sarkozy l'avait emporté face à Ségolène Royal, l'abstention n'avait fait qu'augmenter en 2012 (19,65%) et 2017 (25,44%).

Le 10 avril dernier, au premier tour, l'abstention s'était élevée à 26,31%.

Article original publié sur BFMTV.com

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