Extension du domaine du fichage : où finira la toile d'araignée ?

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Le Conseil d'État a validé l'extension du fichage aux opinions politiques, syndicales, et religieuses comme si de telles pratiques ne présentaient aucun risque pour la démocratie. Étonnant, non ?

Du haut de la stature morale que leur confère leur statut, les membres du Conseil d’État ont tranché : non, les décrets pris par le gouvernement le 4 décembre dernier afin d’élargir le fichage des opinions politiques, des appartenances syndicales et des données de santé, au nom de la sécurité publique ou de la sûreté de l’État, ne sont pas attentatoires aux libertés. Des organisations syndicales et des associations de défense des droits de l’homme avaient dénoncé la « dangerosité » de ces pratiques. Le Conseil d’État leur répond : circulez, y’a rien à voir. S’il n'y a rien à voir, cependant, il y a beaucoup à ficher. Jusqu’ici, avant de recruter des fonctionnaires sur des postes sensibles, on pouvait recenser leurs « activités ». Rien à dire. La France a payé pour savoir qu’on ne rigole pas avec les risques terroristes. Désormais, on ne prendra plus seulement en compte les faits et gestes de tel ou tel individu, mais ses opinions, ce qui risque forcément de déboucher sur le délit du même nom. Le délit de mauvaise penséeEn effet, les forces de l’ordre seront habilitées à ficher les « opinions politiques », les « convictions philosophiques et religieuses » et « l‘appartenance syndicale », comme si ces divers éléments constituaient des signes extérieurs d’une éventuelle...

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