EXPO. Du charbon au numérique, à travers les révolutions industrielles

CC BY 3.0, Marc Ryckaert

L’exposition "Evolutions Industrielles" explore à la fois l’évolution des modes de production que la consommation de masse, les ravages sur l’environnement ou l’organisation du travail. Des angles de vues qui valent aussi bien pour le 19e siècle que pour l’ère des réseaux et du tout numérique.

De la pénombre, des rythmes évocateurs d'un fracas de machines en fond sonore, des images chocs de paysages ravagés par l’extraction minière ou noyés sous une mer de panneaux photovoltaïques… A la Cité des Sciences et de l’Industrie, à Paris, l’exposition Evolutions Industrielles donne d’emblée le ton. Lourd mais propice à l’interrogation, à la remise en cause de la manière dont l’humanité s’est coulée dans le modèle de l’industrie et de la production de masse, avec une ampleur qui semble devenue hors de contrôle. Et pas seulement en pointant du doigt des pratiques du passé.

Sous-titrée “Du fog au cloud”, l’exposition, qui dure jusqu'au 5 mars 2023, compte bien établir un lien entre la Révolution du charbon au milieu du 19e siècle (le « fog » londonien, fait de brume et de la fumée des usines) et notre actuel monde de réseaux numériques à propos duquel le terme de “dématérialisation” s’avère en fait très peu pertinent.

Des éoliennes à la machine de Marly

Sur un écran, les images de toutes les époques se succèdent, des éoliennes en mer côtoyant la de la fin du 17e siècle, système de pompage des eaux de la Seine destiné à alimenter les jardins du château de Versailles. Le propos est large donc, et l’exposition l’assume : "Sur fond noir ou sur fond bleu, il est tout aussi difficile d’y voir clair" annonce un texte de présentation au début du parcours.

D’abord bombardé d’impressions, de sensations et de citations choc (Marx, Saint-Simon), le visiteur traverse la reconstitution d’un appartement rempli d’objets manufacturés. Les espaces qui suivent montrent alors toutes les problématiques que ces objets, banals, quotidiens, présents chez un peu tout le monde, soulèvent. Il est question de consommation de masse, par le biais de l’invention de la boîte de conserve en 1810, d’import-export, d’obsolescence programmée des biens, concept né de la crise de 1929 pour "relancer la production, même inutile", ou encore d’objets connectés. Le plus connu et populaire d’entre eux, le [...]

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