Yémen : explosions meurtrières à l'aéroport d'Aden à l'arrivée du nouveau gouvernement d'union

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Des explosions ont fait au moins 26 morts et plus de 50 blessés, mercredi, à l'aéroport d'Aden, la capitale provisoire du Yémen en guerre, alors que le nouveau gouvernement d'union venait d'atterrir. Le ministre des Affaires étrangères accuse les Houthis d'être derrière cette attaque.

Au moins deux explosions se sont produites, mercredi 30 décembre, à l'aéroport d'Aden lorsqu'un avion transportant le nouveau gouvernement d'union est arrivé dans la capitale provisoire du Yémen en guerre, a constaté un correspondant de l'AFP.

Selon lui, au moins deux explosions ont éclaté lorsque l'avion a atterri et que les responsables ont commencé à sortir de l'appareil. Des sources médicales ont fait état d'au moins 26 morts et de plus de 50 blessés dans un nouveau bilan.

Des bruits d'explosions et des coups de feu ont retenti avant qu'une épaisse fumée noire ne jaillisse d'un bâtiment de l'aéroport tandis que des débris étaient projetés alentour, suscitant la panique parmi les personnes présentes, selon des images diffusées par la chaîne de télévision saoudienne Al-Hadath.

Le ministre des Affaires étrangères accuse les Houthis

"Ces actes terroristes (...) ne décourageront pas le gouvernement légitime d'exercer ses devoirs", a lancé le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, sans désigner de responsable, selon l'agence de presse officielle Saba.

Mais le ministre des Affaires étrangères Ahmed ben Moubarak a lui accusé les Houthis, des rebelles yéménites soutenus par l'Iran qui ont déferlé sur la capitale Sanaa en septembre 2014 et se sont emparés de vastes régions du pays, déclenchant une guerre meurtrière. "Sur la base de toutes les informations actuelles", l'attaque "criminelle" ciblant le gouvernement a été "perpétrée par les Houthis", a-t-il dit sur Twitter.

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a condamné une "attaque déplorable", adressant ses condoléances aux familles des victimes et au gouvernement yéménite, a indiqué dans un communiqué son porte-parole adjoint Farhan Haq.

C'est "un rappel tragique de l'importance de remettre d'urgence le Yémen sur la voie de la paix", a noté de son côté sur Twitter l'émissaire des Nations unies au Yémen, Martin Griffiths.

Un gouvernement d'union formé pour resserrer les rangs

Le nouveau gouvernement d'union rassemblant les pro-pouvoir et les séparatistes du Sud a été constitué le 18 décembre sous l'égide de Riyad, avec l'espoir de resserrer les rangs pour combattre les rebelles Houthis.

Ces deux camps qui se disputaient le pouvoir dans le sud restent en principe alliés depuis six ans contre les Houthis, soutenus par l'Iran et qui se sont emparés d'une grande partie du nord du pays, dont la capitale Sanaa.

De profondes divisions dans le camp anti-Houthis avaient éclaté ces dernières années entre les partisans du gouvernement et les séparatistes du Sud, qui les accusent de corruption et de connivence avec les islamistes.

L'Arabie saoudite a négocié un accord pour le partage du pouvoir dans le Sud et tentait depuis plus d'un an de former un nouveau gouvernement d'union afin de maintenir l'unité de la coalition face aux Houthis, sur le point de contrôler Marib, le dernier bastion du gouvernement dans le Nord.

Le Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, est plongé dans la pire crise humanitaire au monde selon l'ONU, avec une population au bord de la famine et menacée par les épidémies.

Avec AFP et Reuters