Explosions, incendies: en pleine guerre en Ukraine, plusieurs incidents en Russie posent question

Un dépôt de carburant en flammes à Belgorod, en Russie, à la frontière ukrainienne, le 1er avril 2022 - HANDOUT / RUSSIAN EMERGENCIES MINISTRY / AFP
Un dépôt de carburant en flammes à Belgorod, en Russie, à la frontière ukrainienne, le 1er avril 2022 - HANDOUT / RUSSIAN EMERGENCIES MINISTRY / AFP

Des dépôts de carburant, des chemins de fer, un institut militaire... Depuis un mois, plusieurs explosions et incendies ont été signalés dans plusieurs villes de Russie, au niveau de points stratégiques. À ce stade, il est difficile de savoir dans certains cas s'il s'agit d'accidents, d'attaques ukrainiennes ou de sabotage. Certaines de ces dégradations ont eu lieu à proximité de la frontière ukrainienne, d'autres à plusieurs centaines de kilomètres.

En tout, d'après les incidents rapportés, environ une quinzaine de points ont été touchés. Le média américain USA Today en a dressé la liste.

Des attaques à la frontière ukrainienne, mais aussi ailleurs

Début avril, le gouverneur de la région de Belgorod - territoire à la frontière ukrainienne - affirme que des hélicoptères ukrainiens ont fait une incursion et frappé un dépôt de carburant, mais l'Ukraine nie sa participation à cette attaque. Puis le 21 avril, c'est un institut de recherches militaires à Tver, à 160 km au nord de Moscou qui brûle, faisant au final 17 morts. Dans ce cas, c'est la vétusté du câblage électrique du bâtiment qui est mise en cause.

Peu après, c'est l'usine chimique Dmitrievsky - au nord de Nijni Novgorod - qui apparait en feu sur des images.

Le 25 avril, cette fois du côté de la frontière ukrainienne, un incendie se déclare au dépôt de carburant de Briansk, une ville servant de base logistique à l'offensive militaire de Moscou en Ukraine.

Le 27 avril c'est un dépôt d'armes situé près du village russe de Staraïa Nelidovka, dans la région de Belgorod, qui est en feu, rapporte le gouverneur sur Telegram. Les causes de l'incendie ne sont pas clairement identifiées, même si le gouverneur de la région voisine de Voronej déclare le même jour avoir "détruit avec succès" un petit drone de reconnaissance dont il n'a pas précisé la provenance.

Le 1er mai, un incendie se déclare dans des locaux appartenant au ministère de la Défense, de nouveau dans la région de Belgorod. Plus tôt dans la journée, le gouverneur d'une autre région frontalière russe, celle de Koursk, indique sur Telegram qu'une partie d'une voie ferrée utilisée pour le fret s'est effondrée au niveau d'un pont, sans faire de victimes. "C'était un sabotage, une affaire pénale a été ouverte", a déclaré le gouverneur Roman Starovoït, sans nommer les forces ukrainiennes.

Ce mardi, un incendie a été signalé dans une entrepôt fabriquant des manuels scolaires en bordure de Moscou, rapporte TASS. D'après le Daily Beast, il appartient à l'éditeur Prosveshcheniye, dont les responsables sont pro-Kremlin et proches de Poutine.

D'où viennent toutes ces attaques?

Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer ces différents événements. Il est d'une part possible que certains de ces incidents soient des attaques ukrainiennes, la Russie a d'ailleurs accusé à plusieurs reprises ces dernières semaines les forces ukrainiennes d'avoir effectué des frappes sur le sol russe, notamment sur deux villages dans la région frontalière de Belgorod et sur un village de la région de Briansk mi-avril, sans que Kiev ne confirme.

Le pays a "le droit" de frapper des cibles militaires russes, a toutefois affirmé jeudi dernier le conseiller de la présidence ukrainienne Mykhaïlo Podoliak, écrivant sur Twitter que "l'Ukraine se défendra par tous les moyens, y compris avec des frappes sur des entrepôts et des bases des assassins russes. Le monde reconnaît ce droit".

D'autre part, il est aussi possible qu'une partie de ces événements soient dus à des problématiques de maintenance russe. Les incendies meurtriers, souvent dus au mauvais état d'installations électriques ou au non-respect des normes de sécurité, restent courants en Russie.

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Côté ukrainien, Oleksiy Arestovych, un conseiller militaire de Zelensky, a déclaré douter que l'Ukraine soit impliquée dans ces incidents et a suggéré que des responsables russes allumaient des incendies pour dissimuler des preuves de corruption, rapporte le Washington Post.

Il reste difficile pour le moment de déterminer quel est le rapport réel entre la guerre en Ukraine et ces incidents. En revanche, alors que ces explosions et feux interrogent à l'ouest de la Russie, à l'Est la saison des incendies a commencé et des hectares de forêt en Sibérie sont en flammes. Certains y voient là une conséquence directe de la guerre, car une partie des pompiers aurait été mobilisée pour envahir l'Ukraine.

Article original publié sur BFMTV.com

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