Explosions à Kaboul: les Occidentaux mettent les bouchées doubles pour les évacuations

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Une double explosion dont le bilan reste encore à déterminer précisément a semé le chaos à l'aéroport de Kaboul jeudi. Malgré la panique causée par les explosions, les Occidentaux se disent prêts à poursuivre leurs évacuations et accélèrent les navettes.

On l'imagine bien, la tension est extrême à Kaboul. Et l'évacuation des candidats au départ est l'un des principaux enjeux sécuritaires. Des centaines de personnes doivent être convoyées du centre-ville vers l'aéroport, raconte notre envoyé spécial, Vincent Souriau. Une opération qui se fait le plus souvent en bus. Et les bus sont vulnérables lorsqu'ils se déplacent en ville et lorsqu'ils arrivent à l'aéroport : ils s'arrêtent aux portes, se mettent en file pour les contrôles de sécurité (le miroir sous les véhicules, les identités...). Cela prend du temps et cette latence, les kamikazes en profitent pour frapper...

Malgré les attentats de jeudi, les évacuations se sont même accélérées, selon un représentant sécuritaire occidental présent à l’aéroport, rapporte l'agence Reuters.

L'ambassadeur de France évacué

Dans la foulée des explosions de jeudi à proximité de l'aéroport de Kaboul, la France a annoncé le rapatriement à Paris de son ambassadeur en Afghanistan, David Martinon, pour raisons de sécurité alors qu'il se trouvait jusqu'ici à l'aéroport de Kaboul pour superviser les évacuations.

L'état major des armées a annoncé que « l'opération se poursuit et se poursuivra tant que tous les militaires français n'auront pas quitté l'Afghanistan ». D'ici mardi, le pays va tenter d'évacuer « plusieurs centaines » d'Afghan depuis Kaboul.

Après les explosions, le président Emmanuel Macron en déplacement à Dublin a réagi à l'issue de son entretien avec le Premier ministre irlandais en annonçant que les équipes françaises sur place continuent d'évacuer des personnes coincées près de l'aéroport de la capitale afghane.

Du côté des Etats-Unis, Joe Biden a pris la parole jeudi soir. Un discours ému et ferme. « Nous ne nous laisserons pas décourager par des terroristes, a déclaré ce jeudi le président des Etats-Unis. Nous ne les laisserons pas arrêter notre mission ». Pour les Etats-Unis, l'objectif est de rapatrier les 1500 citoyens américains toujours présents en Afghanistan.

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La chancelière allemande Angela Merkel a quant à elle dénoncé cet attentat « absolument ignoble ». « Les événements de cet après-midi montrent que le risque est immense et qu'il s'agit d'une situation très, très tendue pour faire sortir les gens du pays », a ajouté la chancelière lors d'une conférence de presse. « Nous savons que la fenêtre du calendrier se referme et que des dizaines de milliers de personnes ont été mises en sécurité, mais je tiens à réaffirmer aujourd'hui que nous n'oublierons pas ceux qui ne peuvent plus être mis en sécurité par le pont aérien », auquel participe l'armée allemande, a promis Angela Merkel.

Dans ce contexte, le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a souligné que la priorité « reste d'évacuer autant de gens que possible ».

Une position partagée par le Premier ministre britannique qui a déclaré que les opérations d'évacuation d'Afghanistan allaient continuer malgré les attentats « barbares » intervenus devant l'aéroport de Kaboul. Le secrétaire britannique à la Défense, Ben Wallace, a déclaré ce vendredi matin que ces évacuations devraient prendre fin ce vendredi.

Le gouvernement espagnol a également annoncé ce vendredi matin que ses évacuations s'achèveraient ce vendredi.

L'Italie a elle aussi « condamné fermement » les attaques perpétrées, a écrit le ministre des Affaires étrangères Luigi Di Maio sur Twitter. « Aucun Italien n'a été touché dans les attaques de Kaboul (...) J'exprime mes condoléances pour ceux qui ont perdu la vie et ma solidarité avec les blessés. L'Italie condamne fermement ces attaques », a indiqué le ministre, dont le pays continue d'évacuer des Afghans via un pont aérien depuis la prise de pouvoir des talibans mi-août.

L'Australie et la Nouvelle-Zélande mettent fin aux évacuations

Plusieurs pays ont indiqué en revanche indiqué mettre fin à ces opérations d'évacuation. C'est le cas de l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Les Premiers ministres des deux Etats ont expliqué ne pas vouloir prendre de risque, alors que de nouvelles attaques pourraient avoir lieu à l'aéroport.

Des informations confirmées par les Etats-Unis qui précisent que des tirs de roquette ou des attaques au véhicule piégé sont à prévoir. Washington ajoute que les talibans auraient déjà « déjoué certaines attaques ».

Les talibans ont « fermement » condamné ces attentats meurtriers, a indiqué leur porte-parole, tout en soulignant qu'ils étaient survenus dans une zone placée sous la responsabilité de l'armée américaine.

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