Explosion du port de Beyrouth: l'instruction du juge Tarek Bitar malmenée par le Hezbollah

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Le juge Tarek Bitar, chargé de l’enquête dans la double explosion du port de Beyrouth, qui a fait en août 2020, 215 morts, 6 500 blessés et détruit une partie de la capitale libanaise, a été temporairement dessaisi du dossier. Un peu plus tôt, il avait émis en mandat d’arrêt contre un ancien ministre des Finances Ali Hassan Khalil, pour « négligence criminelle et manquement ».

De notre correspondant à Beyrouth,

Le bras de fer entre la justice et la classe politique autour de l’enquête sur la double explosion du port de Beyrouth s’est transformée ce mardi en confrontation ouverte. Une heure après avoir émis un mandat d’arrêt contre un ancien ministre des Finances, le député Ali Khalil, pour son refus de comparaître devant lui, le juge chargé de l’enquête, Tarek Bitar, a été temporairement dessaisi du dossier.

Ce dessaisissement fait suite à une plainte pour incompétence déposée contre le magistrat par Ali Khalil et un autre ministre Ghazi Zeiter, également inculpé. C’est le troisième recours déposé par des hommes politiques contre Tarek Bitar, les deux précédents ayant été rejetés par les cours d’appel et de Cassation. En septembre encore le juge avait été temporairement dessaisi du dossier suite à une plainte déposée par un ancien ministre de l'Intérieur inculpé dans le cadre de l'instruction.

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Ce nouveau feuilleton du bras de fer juridico-politique intervient au lendemain d’une sévère charge lancée par le chef du Hezbollah contre Tarek Bitar. Hassan Nasrallah a accusé le magistrat de politiser l’enquête, d’être sélectif dans les poursuites qu’il engage et de négliger l’essentiel : c’est-à-dire, l’origine du nitrate d’ammonium qui a explosé, les raisons pour lesquelles la cargaison a atterri à Beyrouth et à qui elle était destinée, selon Hassan Nasrallah.

Le juge a engagé des poursuites judiciaires début juillet contre une douzaine de hauts responsables politiques et sécuritaires libanais, dont le Premier ministre démissionnaire Hassan Diab. La plupart de ceux qui sont poursuivis par le juge Tarek Bitar sont politiquement proches du Hezbollah même s’ils appartiennent à des communautés différentes. Ali Khalil est l’adjoint du chef du Parlement, Nabih Berry, principale personnalité politique chiite de l’Etat.

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