Explosion de Beyrouth: la classe politique rejette le mandat d'amener du juge contre Hassane Diab

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La décision du juge d’instruction chargé de l’enquête sur la double explosion du port de Beyrouth, le 4 août 2020, de délivrer un mandat d’arrêt contre le Premier ministre, a provoqué une levée de bouclier de la part de la classe politique. Hassane Diab, appelé à comparaître le 20 septembre en tant qu’inculpé, a rejeté la décision du magistrat.

Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

Le juge Tarek Bitar avait à peine délivré jeudi 26 août un mandat d’amener contre le Premier ministre que l’establishment politique sunnite y a vu une atteinte contre la communauté dont est issu le chef du gouvernement.

Le magistrat a chargé les forces de l’ordre d’interpeller Hassane Diab pour interrogatoire, le 20 septembre, en tant qu’inculpé. Il est accusé de négligence au même titre que trois anciens ministres et actuels députés, aux côtés de hauts responsables sécuritaires.

Ce vendredi, c’était au tour du Parlement de monter en première ligne, en estimant que le juge d’instruction est incompétent pour demander la comparution du Premier ministre.

Les arguments constitutionnels du Parlement

Le Parlement, qui avait déjà refusé la demande du magistrat pour la levée de l’immunité parlementaire des trois députés inculpés, s’est une nouvelle fois barricadé derrière des arguments constitutionnels pour rejeter le mandat d’amener contre Hassane Diab.

C’est devant une Haute Cour chargée de juger les présidents et les ministres que le chef du gouvernement doit comparaître, et non pas devant un juge pénal, a martelé le secrétaire général de la Chambre.

Le Parlement a appelé la Cour de cassation à « prendre les mesures appropriées » dans cette affaire, sans donner plus d’explications.

Mais l’allusion est claire : le prédécesseur de Tarek Bitar, le juge Fadi Sawan, avait été dessaisi du dossier de l’enquête en février sous la pression de la classe politique.

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