Explosifs à Epinal: le parquet antiterroriste se saisit, deux interpellations

Membre du Raid au siège de l'Unité de Recherche, assistance, intervention, dissuasion à Bièvres, près de Paris, en 2018. Le Raid a participé aux interpelaltions à Epinal

Paris (AFP) - Un homme fiché S pour radicalisation et sa compagne ont été placés en garde à vue jeudi après la découverte d'engins explosifs artisanaux dans un immeuble d'Epinal, dans le cadre d'une enquête menée par le parquet national antiterroriste, a-t-on appris de sources concordantes.

Cette enquête, initialement ouverte par le parquet local, est conduite par le Pnat pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle" et "détention et fabrication d'engins explosifs en relation avec une entreprise terroriste", a indiqué ce dernier.

L'homme arrêté est fiché S pour radicalisation. Né en 1971 et présentant un handicap physique, il est sorti de prison en 2019 après avoir été incarcéré dans un dossier lié aux stupéfiants, a souligné une source proche du dossier.

Suivi depuis plusieurs années, il est notamment connu pour ses relations avec le groupuscule islamiste Forsane Alizza, dissous en 2012 par le ministère de l'Intérieur. Il s'était vanté en décembre de savoir manipuler des explosifs, ce qui avait alerté les autorités, a ajouté cette source.

Sa compagne a elle aussi été placée en garde à vue, selon une source judiciaire.

En début de matinée, des policiers du commissariat d'Epinal et du Raid (unité de Recherche, assistance, intervention, dissuasion) de Nancy avaient investi un immeuble du centre-ville dans le cadre d'une perquisition administrative.

Selon le journal Vosges matin, qui a révélé les faits, cette opération policière "fait suite à des signaux faibles des renseignements territoriaux évoquant la possible présence dans un immeuble de la rue d'une personne pouvant faire partie de la mouvance islamiste".

La rue a été bouclée, selon le maire, Michel Heinrich, mais "il n'y a pas eu de confinement d'école, collège ou lycée, sauf un à l'initiative du chef d'établissement".

Les investigations ont été confiées à la sous-direction antiterroriste (Sdat) de la police judiciaire, à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et à la Direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) de Strasbourg.