Comment expliquer la flambée de violence entre hindous et musulmans à Leicester ?

Sky News/Capture d’écran Youtube

“Pendant que le pays était officiellement en deuil et se préparait aux funérailles de la reine Élisabeth II, il se passait tout autre chose dans certaines rues de Leicester”, déplore le Leicester Mercury. Samedi 17 septembre, des heurts ont éclaté entre membres des communautés musulmane - pour l’essentiel originaires du sous-continent indien - et hindoue de cette ville du centre de l’Angleterre. Le point culminant de plusieurs semaines de tensions, précise le quotidien local.

“Pour beaucoup, le déclencheur des émeutes a été le match de cricket qui a opposé l’Inde au Pakistan le 28 août, explique The Guardian. Après la victoire de leur équipe, des supporters indiens se sont rassemblés et auraient apparemment entonné des chants agressifs et insultants envers le Pakistan.” Premières frictions, en marge de la plus grande rivalité sportive au monde. Dans la foulée, des rumeurs, des spéculations enflamment les réseaux sociaux. La tentative de kidnapping d’une jeune fille musulmane par trois hommes hindous ? Fausse, a conclu la police. L’attaque d’une mosquée ? Aussi. “Ces fausses informations ont été reçues par des personnes à travers tout le pays et certaines seraient venues à Leicester en réaction à ce qu’elles avaient vu sur Internet”, ajoute le journal classé à gauche. De quoi alimenter encore les tensions.

Jusqu’aux violences du week-end dernier. “Une manifestation spontanée lancée par un groupe de jeunes Hindous a entraîné une contremanifestation de membres de la communauté musulmane, relate l’hebdomadaire conservateur The Spectator. Des images vidéo montrent de jeunes hommes avec la tête recouverte d’une capuche et le visage dissimulé. Certains portent des armes.” Toutes les forces de polices locales sont mobilisées sur place. Y compris les officiers initialement détachés à Londres pour les funérailles d’Élisabeth II.

Importation des tensions entre l’Inde et le Pakistan

“Des témoins oculaires affirment qu’un groupe d’Hindous a défilé dans Green Lane Road [dans l’est de la ville], où se trouvent de nombreux magasins appartenant à des musulmans, ajoute The Guardian. Certains habitants affirment les avoir entendus chanter ‘Jai Shri Ram’ un chant sacré hindou que l’on peut traduire par ‘Gloire au Seigneur Rama’”. Un slogan, surtout, coopté par les nationalistes au pouvoir en Inde et “associé aux violences anti-musulmans” dans le pays. Car ces tensions dépassent sans aucun doute le cadre d’un simple match de cricket, estime le Leicester Mercury. Selon la députée de l’est de Leicester Claudia Webbe, le malaise durerait d’ailleurs depuis plusieurs mois. Et chaque communauté pointe l’autre du doigt.

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