Des experts de l'Onu s'alarment des "abus" commis par des milices privées russes en République centrafricaine

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GENEVE,Suisse, (Reuters) - Un groupe d'experts de l'ONU s’est alarmé mercredi d'informations faisant état d’exécutions et d'autres abus commis par des milices privées russes en République centrafricaine (RCA) et de leurs contacts étroits avec les soldats de la paix de l'Onu.

La Russie a envoyé pour la première fois des instructeurs militaires en RCA en 2018. Elle a ensuite intensifié son soutien à la fin de l'année dernière pour faire face à une flambée de violence attribuée à des groupes rebelles à l'approche de l'élection présidentielle du 27 décembre.

Depuis lors, ces milices accompagnent les forces nationales au fur et à mesure qu’elles reprennent des villes aux mains des rebelles, a déclaré le gouvernement de la République centrafricaine.

Les experts de l'Onu ont indiqué dans un communiqué que parmi ces instructeurs figuraient des membres du groupe Wagner, une organisation basée en Russie.

Ils se sont dits préoccupés par les rapports faisant état de graves violations des droits de l'homme par ces milices privées, notamment d'exécutions sommaires massives, de détentions arbitraires, de torture pendant les interrogatoires.

"Le groupe de travail déplore l’absence d'enquêtes ainsi que le manque de détermination afin d’identifier les responsables de ces abus", ont souligné ces experts.

L'armée russe, qui supervise la présence des milices en RCA, et le porte-parole du gouvernement de la République centrafricaine n'ont pas immédiatement répondu à une demande de commentaires.

Les experts ont également exprimé leurs préoccupations quant à la "proximité et l'interopérabilité" entre ces milices et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (Minusca), qui compte plus de 13.000 soldats.

Ils ont notamment cité des réunions coordonnées en présence de "conseillers russes" ainsi que des évacuations médicales de "formateurs russes" blessés vers les bases de la Minusca.

"Il est urgent de clarifier le rôle des 'partenaires internationaux' et l'obligation de rendre des comptes afin d'instaurer une paix et une stabilité durables ", ont-ils ajouté.

Un porte-parole de la Minusca n'a pas répondu immédiatement à une demande de commentaire.

La République centrafricaine, qui compte près de 5 millions d'habitants, est en proie à l’insécurité depuis l’éviction en 2013 du président François Bozizé par des combattants rebelles.

Selon l’Onu, les violences ont déplacé plus d’un quart de la population.

Le président Faustin-Archange Touadéra a prêté serment pour un second quinquennat après avoir remporté l'élection présidentielle de décembre.

(Stephanie Nebehay et Aaron Ross, version française Laura Marchioro, édité par Jean-Stéphane Brosse)