"Nous aussi avons quitté notre pays" : face à l'exode des Vénézuéliens, la solidarité des Equatoriens

franceinfo, Eric Samson
Des centaines de milliers de Vénézuéliens fuient leur pays. Plusieurs pays de la région ont durci leur politique migratoire face à l'ampleur du phénomène. A Huaquillas en Équateur, à la frontière avec le Pérou, la population locale réagit pourtant avec bienveillance.

Maria Colmenares est arrivée épuisée à la frontière équatorienne. Âgée de 30 ans, cette femme est partie il y a deux semaines, dès que son frère installé au Pérou lui a envoyé un peu d’argent.

Un Eldorado après des années de disette

Après une traversée pénible de la Colombie où des intermédiaires ont essayé de lui extorquer le peu d’argent qu’elle a, sa fille de deux mois qu’elle a laissée au pays lui manque. Mais il n’est pas question pour elle de faire marche arrière : “J’espère revenir quand s’en ira le mec, là, au pouvoir (rire). Je reviendrai chercher ma fille mais pour repartir aussitôt. Vivre là-bas non. Et pourtant j’y ai encore mes affaires et ma maison. Grâce à Dieu je n’ai rien vendu.”

Une chose pourtant lui arrache un sourire à Maria, tous les magasins remplis de marchandises. Elle n’en avait plus vu depuis sa jeunesse. “Ma mère m’amenait dans un supermarché local et on revenait toujours avec deux caddys pleins: le premier pour les légumes et les viandes, l’autre pour les pâtes, le riz et le reste des courses, raconte-t-elle.

À l’époque, on mangeait, on sortait, on achetait, on faisait des soupes. Aujourd’hui pour faire une simple soupe, il faut payer une fortune.

Maria Colmenares, une migrante

avec franceinfo

Carlos Carvallo lui ne va pas essayer de passer la frontière ces jours-ci. Il a un passeport mais plus d’argent pour (...)

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