Existe-t-il un effet protecteur de l'alcool sur la santé ?

PIERRE ANDRIEU / AFP

Les plus de 40 ans pourraient bénéficier d'une faible consommation d'alcool sur le plan cardiovasculaire, suggère une étude. Mais attention ! Car même si cette hypothèse était avérée, les risques de la consommation d'alcool en contrebalanceraient largement les bénéfices.

Passé 40 ans, boire en petite quantité pourrait-il non seulement être inoffensif, mais aussi protéger de certaines maladies ? Non, tranchent deux experts interrogés par Sciences et Avenir, alors qu’une nouvelle étude de grande envergure parue dans le a pourtant (faussement) l’air de le suggérer, relançant un débat de longue date.

Le groupe de scientifiques à l’origine de l’étude est une coopération internationale qui publie énormément, avec des centaines d’auteurs, énormément de données avec une très grosse boîte à outil pour mouliner tout ça”, résume Catherine Hill, épidémiologiste à l’institut Gustave Roussy. Ce groupe, c’est le GBD 2020 Alcohol Collaborators, un consortium scientifique international utilisant les données mondiales de consommation d’alcool en 2020 dans 204 pays pour estimer le nombre d’années en bonne santé perdues. “La puissance de l'étude, c’est qu'elle donne une vision mondiale, en rassemblant toutes les études et toutes les enquêtes de tous les pays considérés”, réagit Mickael Naassila, directeur du groupe de recherche sur l'alcool et les pharmacodépendances à l’Inserm.

Si en 2016 la version précédente de cette analyse avait conclu qu’aucune consommation d’alcool n’était dépourvue de risque, une nouvelle méthode ainsi qu’une nouvelle répartition par âge, sexe et pays met au jour plusieurs courbes ayant la forme de la lettre "J". Ces “courbes en J” représentent le niveau de risque par maladie, en fonction de la quantité d’alcool consommée. Le début du J, où la courbe passe brièvement en dessous de sa valeur de base (le risque lorsque moins d'un verre d’alcool est consommé), semble signaler un risque inférieur à celui des non buveurs, et donc un effet protecteur. Et c’est justement la forme des courbes que le GBD 2020 observe pour les maladies cardiovasculaires chez les plus de 40 ans ! Mais alors, si une étude aussi importante obtient ces courbes en J, pourquoi ne faut-il pas conclure à un effet protecteur des petites consommations d’alcool[...]

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