En exil, le chef des indépendantistes kabyles reste dans le collimateur d’Alger

PHOTO STEPHAN AGOSTINI/AFP

Le tribunal de Dar El Beïda, à Alger, a condamné lundi 14 novembre le leader du Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), Ferhat Mehenni, à la prison à vie, pour “création d’une organisation terroriste et atteinte à l’intégrité territoriale et à l’unité nationale”, rapporte le site d’information algérien Ennahar Online.

Une condamnation qui intervient alors que le principal concerné est en exil en France. Avec lui, trois autres ténors du mouvement écopent de peines allant de vingt ans de prison ferme à la réclusion à perpétuité.

Classé comme organisation terroriste par le pouvoir d’Alger depuis mai 2021, le MAK est traqué par la justice. Plusieurs de ses militants ont été condamnés pour des faits de “détention d’armes et de munitions ; utilisation des TIC [Technologies de l’information et de la communication] pour le recrutement de personnes pour le compte d’une organisation terroriste ; diffusion de fausses informations visant à attenter à la sécurité et la stabilité”. Bon nombre de ses membres ont notamment été accusés d’être à l’origine des incendies qui ont ravagé la Kabylie en août 2021.

Un procès expéditif

Sur son compte Twitter, où il se présente comme le “président du gouvernement provisoire kabyle”, Ferhat Mehenni qualifie de “surréalistes” les condamnations de lundi et dénonce un procès “expéditif”.

Pour le moment, aucune prise de parole officielle, mais la page Facebook du mouvement indépendantiste annonce que le “président” s’adressera au “peuple kabyle” le mercredi 16 novembre à 21 heures (heure française), sur la chaîne “souverainiste kabyle” TaqVaylit. TV.

Ancien chanteur reconverti en homme politique, Ferhat Mehenni est un habitué des procès par contumace, note le site d’information panarabe Al-Araby Al-Jadeed. Il s’agit en effet de la troisième condamnation de la part de la justice algérienne. Les autorités judiciaires “n’ont pas réussi à convaincre” la France d’extrader le leader kabyle.

Ces récentes condamnations ont été faites sur la base de l’article 87 bis du Code pénal, qui définit les “actes terroristes ou subversifs”. Celui-ci a été sévèrement critiqué lors de l’examen périodique universel (EPU) au Conseil des droits de l’homme des Nations unies, le 11 novembre à Genève. Il permettrait aisément d’accuser des militants politiques d’actes de terrorisme.

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