EXCLUSIF. Entretien avec le chercheur de Harvard qui a démontré le lien de causalité entre le virus d’Epstein-Barr et la sclérose en plaques

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La découverte de l’équipe d'Alberto Ascherio ouvre la voie vers un vaccin pour empêcher le développement de cette maladie neurodégénérative ou un traitement pour ceux qui l’ont déjà.

Bientôt un vaccin contre la sclérose en plaques ? C’est l’encourageante perspective envisagée par une étude récente qui démontre pour la première fois que le virus d’Epstein-Barr est la cause principale de cette qui endommage le système nerveux central. L’article, publié le 13 janvier 2021 dans le journal , est donc une source d’espoir pour les 2,8 millions d’individus qui souffrent de cette maladie, pour laquelle il n’y a pas encore ni vaccin ni traitement curatif. Sciences et Avenir a interrogé l’épidémiologiste de l’Université de Harvard Alberto Ascherio, directeur de l’étude, qui nous explique pourquoi il était si difficile de prouver ce lien de causalité ainsi que les pistes thérapeutiques envisagées.

Sciences et Avenir : Que savait-on sur le lien entre le virus d'Epstein-Barr et la sclérose en plaques avant cette étude ?

Alberto Ascherio : Ce lien est suspecté depuis plus de 40 ans, mais la pensée dominante était que cette association n’impliquait pas de lien de causalité. La plupart de la littérature médicale définit la sclérose en plaques comme une maladie auto-immune dont la cause est inconnue. Car il était très difficile d’établir ce lien de causalité : le virus d’Epstein-Barr est présent chez la grande majorité des personnes (il est estimé que c’est le cas pour environ 95 % de la population mondiale), donc toutes les personnes atteintes de sclérose en plaques avaient le virus, mais aussi la majorité des personnes sans la maladie. C’est comme si on était dans un pays où tout le monde fumait, certains vont développer un cancer des poumons, mais il est très compliqué de démontrer que c’est à cause de la cigarette, car la majorité de ceux qui fument n’auront pas ce cancer.

Et alors, comment avez-vous démontré ce lien de causalité ?

C’est la première fois qu’on suit une large cohorte de jeunes femmes et hommes pendant autant de temps (près de 10 ans), dont un grand nombre n’avait pas le virus au début de l’étude. Ceux qui n’ont pas été infectés durant cette p[...]

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