Exclusif - Au coeur du parc éolien marin de Saint-Nazaire

Philipe Petit / Paris Match

Pour déployer ces ailes de géant, il faut une précision millimétrique tout en évitant les caprices du dieu Zéphyr : la moindre bourrasque est un défi pour les ingénieurs et les techniciens. Comme pour nos reporters, qui ont décroché une autorisation exceptionnelle de survol en hélicoptère. Ici, se dresseront bientôt 80 éoliennes, pionnières d’un tournant énergétique majeur. Sur le littoral français, 16 parcs sont prévus cette décennie. Une épopée qui suscite l’admiration… et de puissantes controverses.

Les badauds collés aux grilles du port de Saint-Nazaire n’en perdent pas une miette. Des années qu’ils attendaient ça. Le spectacle de l’embarquement des premières éoliennes offshore françaises impressionne. Du jamais-vu. Depuis la route qui traverse le site portuaire, on embrasse du regard la zone de stockage des machines prêtes à être assemblées. Ce polder en bordure d’estuaire, loué par General Electric au port de Saint-Nazaire , a été spécialement aménagé pour accueillir ce Meccano géant. Pales, turbines, tronçons de mâts patientent depuis des mois, rangés comme à la parade dans des racks, boulonnés sur des fondations provisoires, battus par les vents. Mais le héros du jour est un bateau plateforme autoélévateur, le « Vole au vent », le bien nommé, arrivé la veille des Pays-Bas. Avec son pont grand comme un terrain de football, flanqué d’une grue monstrueuse et de quatre piliers métalliques titanesques, ce « jackup » pourrait figurer dans un « Mad Max ». Loué à la société Jan de Nul pour, dit-on, 200 000 euros par jour, il transporte et installe des Haliade 150 par lots de quatre, à deux heures de navigation.

Voir la vidéo : Exclusif - Vol au-dessus des éoliennes en mer de Saint-Nazaire

Le voilà qui s’apprête à embarquer les premières unités. Sur zone, entre Belle-Île et La Baule, ses jambes se poseront sur le fond de l’océan. Dans le vrombissement de ses puissants moteurs, il grimpera au-dessus de l’eau pour assurer sa stabilité, lever délicatement et assembler les différents éléments sur chaque fondation, sous réserve des caprices de la météo. Le vent est à craindre pour les manœuvres de levage de colis de plus de 500 tonnes, les hommes restant à deux mètres pour les réceptionner. Tout peut s’arrêter en cas de(...)


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