EXCLUSIF. Chris Ware, Grand Prix du Festival d’Angoulême 2021

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Chris Ware enfin reconnu par le Festival d'Angoulême.
Chris Ware enfin reconnu par le Festival d'Angoulême.

C'était un vieux serpent de mer du petit monde de la bande dessinée depuis quelques années. Tout le monde reconnaissait en Chris Ware sans doute l'auteur le plus important pour le médium de ces cinquante dernières années, mais le Grand Prix du Festival d'Angoulême se refusait encore et toujours malicieusement à lui. Il a fallu attendre une pandémie mondiale, et l'annulation de l'édition 2021 de l'événement charentais, pour que soit enfin récompensé celui qui racontait l'année dernière son « confinement » dans une planche hilarante publiée dans le New Yorker, dont il est l'un des illustrateurs stars : « Le monde entier a fermé ses portes. C'est formidable, mon style de vie est reconnu ! Trente ans passés à éviter les autres êtres humains ! Les auteurs de bande dessinée ont gagné ! »

Ce côté J. D. Salinger de la BD, Ware le doit sans doute moins à son profil d'ermite (il ne vit pas reclus et ne fuit pas totalement les médias, dont il ne raffole guère toutefois) qu'aux motifs qui traversent ses livres-mondes : les traumas enfantins, l'innocence perdue et la solitude inhérente au monde moderne, le tout magnifié dans des ouvrages souvent monumentaux qui sont autant de manuscrits enluminés et éblouissants. On imaginerait ainsi volontiers Chris Ware en moine copiste, travaillant laborieusement à la lumière d'une bougie vacillante, appliquant ses délicates et flamboyantes couleurs à des échelles de minutie insensées.

Car Ware est un artisan doublé d'un control freak [...] Lire la suite

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