Un exceptionnel sanctuaire gallo-romain découvert près de Rennes

Inédit par son ampleur, cet ensemble destiné au culte de deux divinités non-identifiées a été mis au jour lors de travaux d'aménagement dans un village proche de Rennes. Entré en activité après l'invasion romaine de la Gaule, il donne un aperçu des pratiques des populations celtiques de l'époque, qui avaient intégré l'héritage romain à leur culture.

Le champ est immense, à nu. Bordé par un lotissement et une zone industrielle en friche, il accueillera d’ici quelques années plus de 700 logements, essentiellement de petits immeubles. L’extension urbaine sur ces 30 hectares situés en bordure du village de la Chapelle-des-Fougeretz, à une vingtaine de minutes du centre de Rennes, n’a pas été des plus simples pour les promoteurs, les groupes Giboire et Launay. Mais ils n’étaient pas sans savoir que depuis 1984, année où fut réalisé un repérage aérien, les archéologues suspectaient la présence d’un vestige de grande taille sur cette ancienne terre agricole d’Ille-et-Vilaine. Une fois le projet immobilier définitivement acté, une dizaine archéologues de l’Institut national de recherches préventives (Inrap) a ainsi pu entamer une fouille attendue depuis près de quarante ans, en vertu de l’obligation de sonder le sol avant tout travaux d’aménagement du territoire. L’attente valait la peine : sur environ 3,5 hectares, ils ont mis au jour un important sanctuaire gallo-romain fondé à la période suivant la conquête romaine, au 1er siècle av. J.-C. Le lieu de culte aurait fonctionné durant au moins 500 ans, jusqu’au 4e siècle de notre ère.

Une vue aérienne de la fouille de l'édifice thermal. Crédits : Emmanuelle Collado/Inrap

Une vision d'ensemble inédite

Très dépouillé, puisqu’aucun mur ne subsiste - seules les bases des épaisses cloisons de pierres et briques de terre cuite sont encore visibles, tout au mieux -, cet ensemble cultuel antique est exceptionnel pour une raison bien particulière : jamais un sanctuaire gallo-romain n’avait pu être sondé sur une aussi grande surface, révélant ainsi aux scientifiques la façon dont il était organisé à l’époque où il était en activité. "C’est un témoignage précieux car nous n’avons aucune source écrite sur cette période", explique Bastien Simier, archéologue de terrain spécialiste des campagnes bretonnes à l’Inrap. "Ce type de sanctuaire public de grande taille n’est pas rare en Ga[...]

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