Ex-espion russe empoisonné: Comment l'affaire peut profiter à la fois à May et à Poutine

Claire Tervé
Ex-espion russe empoisonné: Comment l'affaire peut profiter à la fois à May et à Poutine

INTERNATIONAL - Mesures de rétorsion contre mesures de rétorsion, la Grande Bretagne et la Russie sont en pleine brouille. Ces derniers jours, les relations diplomatiques entre les deux pays sont mises à mal par l'affaire de l'empoisonnement de l'ex-espion russe Sergueï Skripal et de sa fille sur le sol britannique, que les deux pays considèrent comme une tentative d'assassinat.

D'un côté, Theresa May a très vite accusé le Kremlin d'avoir tenté de tuer l'ancien agent-double avec une arme chimique, et annoncé des mesures de rétorsion. De l'autre, Vladimir Poutine crie à la diffamation et à la provocation en répondant, lui aussi ce samedi 17 mars, par des sanctions contre Londres. Chacun défend fermement -et logiquement- les intérêts et la réputation de son pays et c'est tout à leur avantage: ils renforcent (ou restaurent) leur légitimité à point nommé.

Theresa May reprend du poil de la bête

Côté britannique, c'est une Theresa May revigorée qui a pris la parole ce samedi 17 mars devant le congrès de printemps de son Parti conservateur. Confrontée depuis plusieurs mois à de sévères divisions au sein des Tories sur le dossier du Brexit, sur la sellette selon certains, la Première ministre britannique a déjà réussi à restaurer son autorité en affichant sa fermeté face à Moscou dans cette affaire d'empoisonnement.

Désignant Moscou comme responsable de cette attaque, elle a annoncé une série de sanctions largement applaudies par la classe politique britannique. Elle s'est aussi assurée du soutien de ses alliés, obtenant la diffusion d'un communiqué commun avec Berlin, Paris et Washington et une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU. Theresa May est ainsi revenue au premier plan.

Devant les délégués conservateurs réunis à Londres ce samedi, la Première ministre a de nouveau blâmé la Russie, "en violation flagrante du droit international et de la Convention sur les armes chimiques", et précisé que le gouvernement "anticipait une réponse de la sorte" de la part...

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