Pour se venger, l'ex-compagnon violent aurait versé de l'acide dans son maquillage

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Histoire d'un harcèlement violent (illustration Getty Images)
Histoire d'un harcèlement violent (illustration Getty Images)

Pendant près de six mois, une femme de 34 ans a vécu un enfer. Messages par milliers, actes malveillants et agressions physiques : son “bourreau” était jugé à Tours, ce jeudi 28 janvier.

Roger K. a 59 ans et il vient de se faire quitter par Sandra*, 34 ans. Décembre 2017, début de l’enfer pour la jeune femme qui a voulu suivre un nouveau chemin. Car Roger et son égo n’acceptent pas la séparation. Et le “séducteur” va se transformer en “bourreau”, raconte La Nouvelle République. Il faudra quatre plaintes de la victime pour que l’homme soit enfin présenté devant la justice. Avant qu’il ne soit trop tard.

“Le regard de son bourreau”

Roger K. aurait-il pu tuer Sandra, le 10 avril 2018 ? A la barre du tribunal correctionnel de Tours (Indre-et-Loire), celle-ci dit avoir “failli mourir” et se souvient du “regard de son bourreau qui est vide parce qu’il est en train de vous tuer”. Ce jour-là, Roger a entraîné son ex-compagne dans la cave de son domicile, au prétexte de récupérer des affaires. Là, les choses tournent au drame : Sandra raconte les cheveux tirés, la tête cognée contre un mur, la pierre qui lui lacère le visage, le sable dans la bouche, la tentative d’étranglement.

Mais, elle parvient à s’en sortir et à alerter la police qui arrête l’auteur des faits. Celui-ci reconnait tous les faits, passe cinq mois en détention avant d’être placé sous contrôle judiciaire. Mais il échappe à la qualification de “tentative de meurtre”, donc aux assises, et se retrouve jugé par le tribunal correctionnel pour “violences aggravées”. Car ce déferlement n’est pas un acte isolé. Au contraire, il est le point culminant de plus de quatre mois de harcèlement violent.

Poisson pourri, acide chlorhydrique et messages par milliers

Il y a le harcèlement psychologique : plus de 3 000 messages envoyés entre décembre 2017 et 2018, une campagne de dénigrement sur les réseaux sociaux, ou des appels à l’employeur de la jeune femme. Il y a aussi le harcèlement matériel, avec du soda versé sur le clavier de l’ordinateur, du sable dans le lave-linge ou ce poisson pourri caché dans un placard, à l’odeur pestilentielle.

Il y a, enfin, les faits qui auraient pu virer au drame. Dans une bouteille de shampoing, Roger K. met de l’ammoniac ; dans le fond de teint, dans l’anti-cernes et dans le gloss à lèvres, il insère de l’acide chlorhydrique. “Jamais de la vie, je n’ai voulu lui faire de mal physiquement”, explique-t-il à la barre.

“Je ne vois que de la violence”

“Quand on lacère le visage d’une femme avec une pierre, quelle est la signification ?”, rétorque la présidente du tribunal correctionnel, Christine Blancher. “Je ne vois que de la violence dans tout ça”. Le parquet a demandé une peine de trois ans de prison, dont la moitié ferme. La décision a été mise en délibéré. Réponse le 18 mars.

*Le prénom a été modifié.

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