Evian-Thonon: Dupraz, l'enfant des Pays de Savoie

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Pascal Dupraz, l'entraîneur d'Evian-Thonon, assiste au match de Ligue 1 contre Nantes, le 5 octobre 2013 au stade de La Beaujoire

Pascal Dupraz, l'entraîneur d'Evian-Thonon-Gaillard (ETG), qui reçoit le Paris Saint-Germain mercredi, est avant tout un homme attaché à sa Savoie natale et à son club, qu'il a contribué à faire passer du championnat Rhône-Alpes à la Ligue 1 en 20 ans

Pascal Dupraz, l'entraîneur d'Evian-Thonon-Gaillard (ETG), qui reçoit le Paris Saint-Germain mercredi, est avant tout un homme attaché à sa Savoie natale et à son club, qu'il a contribué à faire passer du championnat Rhône-Alpes à la Ligue 1 en vingt ans.

Après une carrière professionnelle de milieu offensif, à Sochaux, Thonon, Brest, Mulhouse, Toulon, Gueugnon en L1 et L2, arrêtée à 29 ans, Dupraz, né à Annemasse, est arrivé au FC Gaillard en 1991 pour jouer en Honneur régional (7e div.) dans ce club dont il est devenu entraîneur-joueur la saison suivante.

"C'était un bon joueur, gaucher, avec du tempérament et toujours accroché à son identité régionale. C'était son objectif de revenir chez lui après sa carrière. Il a créé son propre projet autour de l'ETG et sa région", souligne l'ancien défenseur de Valenciennes, Jacques Glassmann, qui a joué un an avec lui à Mulhouse (L2, 1986-1987) et dont il est resté l'ami, parrain de l'un de ses fils.

"Ce n'est pas quelqu'un d'expansif mais on pouvait compter sur lui pour aller au front", témoigne Bernard Pardo, son partenaire qui l'a apprécié à Brest (L2 et L1, 1982-1985) et Toulon (L1, 1987-1989)

Entraîneur ou directeur sportif, au fil des fusions entre clubs du Bassin lémanique, jusqu'à l'élite atteinte en 2011, puis de nouveau entraîneur depuis quinze mois en Ligue 1, Dupraz, 51 ans, a oeuvré pour ce qui est devenu Evian-Thonon-Gaillard FC avec l'engagement comme partenaire du groupe Danone, producteur de l'eau minérale éponyme de la ville.

Plus qu'un club, une région

Croix de Savoie (le surnom de l'équipe, en référence à l'un de ses clubs fondateurs, le Football Croix de Savoie 74, ndlr) est la terminologie qui me va le mieux. C'est mon pays, ma région, c'est le coeur qui parle pour moi. C'est la volonté de notre club d'être à vocation régionale", avait notamment confié Dupraz dans l'émission "Canal Football Club", en août.

Même s'il n'a pas toujours été sur le banc, son investissement à l'ETG, mené un temps parallèlement à un poste à l'ONU, au Haut-Commissariat aux Réfugiés à Genève, a bien des similitudes avec celui de Guy Roux, qui avait conduit Auxerre de l'Honneur à la L1 entre 1961 à 1980.

"J'ai beaucoup de respect pour son action à l'ETG. Fidèle en amitié et à son club, il a toujours eu un sacré caractère. Quand il était joueur, il savait motiver les autres et avait l'étoffe d'un entraîneur. Chapeau pour ce qu'il fait", reprend Glassmann.

"Je sais qu'actuellement il souffre car il est attaché à son club. Ce n'est pas facile de se mettre en danger pour passer du rôle de directeur sportif à celui d'entraîneur. Alors que son équipe luttait pour le maintien, la finale de la Coupe de France a dû lui mettre du baume au coeur au printemps. C'est dommage de ne pas l'avoir gagnée. Cela aurait été encore plus beau", reconnaît Pardo.

L'ETG a l'habitude de jouer davantage le maintien que l'Europe, avec cette saison un budget de 28 millions d'euros, à des années-lumière des 400 du PSG.

C'est le 16e budget de L1, et les "Croix de Savoie", derniers du championnat après trois journées cette saison, sont également 16e au classement, 6 points devant le premier relégable, Valenciennes.

Dupraz, qui a récemment prolongé de trois ans sa mission à la tête de l'équipe, avec l'assurance de redevenir directeur sportif, avait admis, sur "Canal Football Club", que "cela stresse beaucoup lorsque l'on coache une équipe de sa région".