Evasions en série d'unités psychiatriques à Toulouse: comment sont surveillés les patients?

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L'hôpital Purpan à Toulouse d'où s'est échappé un homme jugé dangereux interné dans une unité psychiatrique, diffusé le 28 janvier 2022 - BFMTV
L'hôpital Purpan à Toulouse d'où s'est échappé un homme jugé dangereux interné dans une unité psychiatrique, diffusé le 28 janvier 2022 - BFMTV

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Trois hommes souffrant de troubles psychiatriques en liberté en l'espace de moins de deux semaines à Toulouse. Cette étonnante série d'incidents interroge sur le dispositif de sécurité déployé pour ce type d'unité de soins qui accueille parfois des individus considérés comme dangereux.

Le 19 janvier dernier, celui qui l'on surnomme "le cannibale des Pyrénées", Jérémy Rimbaud, s'évade de l'hôpital Gérard Marchant, à Toulouse, où il est interné et agresse une septuagénaire. Quelques jours plus tard, un autre individu, interné pour meurtre, avait réussi à s'échapper du même établissement. Les deux hommes avaient été interpellés par la brigade anti-criminalité de Toulouse.

Ce jeudi, un troisième homme, considéré comme "très dangereux", s'est évadé d'une unité psychiatrique de l'hôpital Purpan de Toulouse. Il est également interpellé dans la journée après avoir erré dans les rues de la ville rose.

876450610001_6294030406001 "Il est arrivé au guichet pour retirer (de l'argent), les policiers ont traversé la voie en courant, ils l'ont menotté. Ça s'est fait sans violence", raconte à BFMTV Rémy Buhagiar, journaliste police-justice à La Dépêche du Midi.

"Les hôpitaux ne sont pas des prisons"

"Forcément, ça fait un peu peur. Tout à l'heure, j'ai pris le train et je me suis dit 'si le fou est derrière moi, ça peut être dangereux'. Mais il faut passer au-dessus de ses peurs et vivre normalement'", confie un jeune Toulousain au micro de BFMTV.

La question de la sécurité de ce type d'établissement où sont parfois internés des individus considérés comme dangereux se pose. Comment trois hommes ont-ils pu s'échapper de leur unité psychiatrique en l'espace de dix jours dans la région de Toulouse?

"Les hôpitaux ne sont pas des prisons", rappelle d'abord auprès de BFMTV Antoine Pelissolo, psychiatre et chef de service au CHU Henri-Mondor de Créteil.

Concernant les systèmes de sécurité mis en place dans ces établissements, le médecin indique qu'il varie selon le type de patients et leur dangerosité supposée. "Dans certains cas, on a des unités très sécurisées et puis d'autres qui sont fermées, mais qui ne correspondent pas à des prisons. Les personnels sont uniquement des soignants et pas des policiers", précise-t-il.

Des équipes réduites avec la pandémie

"Les hôpitaux psychiatriques sont souvent renforcés en terme de sécurité, mais le plus souvent n'ont pas de dispositif imparable et donc ça repose beaucoup sur une surveillance par les soignants eux-mêmes. Il se peut qu'il y ait des moments d'inattention probablement", explique le psychiatre.

Concernant le cas spécifique du "cannibale des Pyrénées", Antoine Pelissolo indique qu'il était interné dans une unité pour malades difficiles (UMD), mais qu'un changement de surveillance a fait qu'il a pu échapper aux soignants. Le médecin précise que les hôpitaux psychiatriques recontrent des difficultés actuellement en raison de la pandémie.

"Tout est basé sur la présence de personnel et on sait qu'en ce moment on a des difficultés à avoir des équipes en nombre suffisant", explique-t-il.

Le psychiatre interpelle également concernant un manque de moyens alloués de façon générale ces dernières années à sa spécialité. "Malheureusement, les services de psychiatrie ont été délaissés, sous dotés en moyens depuis des années", se désole-t-il.

L'Agence de santé régionale d'Occitanie a de son côté annoncé avoir demandé à la direction de l'hôpital Gérard Marchant l'ouverture d'une enquête administrative et a diligenté une mission d'inspection.

Article original publié sur BFMTV.com

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