Euthanasie: Abad n'a "pas aimé" l'obstruction de certains députés LR

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Le patron des députés LR Damien Abad le 27 octobre 2020 à Paris

Le président des députés LR Damien Abad a concédé mardi ne pas avoir "aimé" l'attitude de son groupe lors du débat organisé sur l'euthanasie la semaine dernière dans l'hémicycle, marqué par l'obstruction de quelques élus de droite.

"Je n'ai pas aimé le débat de jeudi. Je n'ai pas aimé non plus notre attitude dans ce débat", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse.

"Il n'y a pas de gagnant ou de perdant face à la mort. On perd toujours face à la mort. L'Assemblée nationale n'est pas un stade de foot", a-t-il encore exposé.

L'examen de la proposition de loi Falorni sur la fin de vie, dans la niche parlementaire attribuée au groupe Libertés et Territoires, s'est déroulé dans une atmosphère électrique jeudi à l'Assemblée nationale. Il n'a pu être mené à son terme faute de temps, face à des milliers d'amendements déposés par une poignée de députés de droite dont plusieurs LR.

M. Abad a rapporté avoir demandé à ses collègues, lors de la réunion du groupe LR, de "retrouver un climat d'apaisement à la hauteur de notre fonction" sur les sujets de société.

"J'ai demandé à tout le monde de prendre sa part de responsabilité, je veux bien prendre la mienne aussi", a-t-il complété alors que le groupe a été traversé de sérieux antagonismes sur ce sujet douloureux.

"Comme la plupart du groupe, j'ai sur ce sujet beaucoup plus de doutes que de certitudes", a complété le député de l'Ain.

Soulignant à nouveau que la niche parlementaire n'était "pas le bon cadre" pour débattre de l'euthanasie, M. Abad a promis que, si le sujet devait revenir, le groupe l'aborderait différemment avec la mise en place d'un groupe de travail en amont.

"70% du groupe a des doutes comme moi. On peut trouver des points de convergence sur les soins palliatifs", a affirmé M. Abad.

Interpellé lors de la séance des questions au gouvernement sur le sort notamment de cette proposition de loi, le ministre des Relations avec le Parlement Marc Fesneau a d'abord rappelé que "le droit d'amendement est un droit constitutionnel qui doit être garanti et chacun en fait l'usage qu'il veut". Et d'ajouter: "On ne peut avoir de regard sélectif sur le nombre d'amendements selon que cela arrange ou que cela arrangerait moins".

"Le gouvernement entend poursuivre le travail amorcé dans la niche de jeudi dernier", a ajouté le ministre.

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