Europe : le beau projet irréalisable de Benoît Hamon

Libération.fr
Benoit Hamon, le 7 mars.

Comme le candidat à la présidentielle, le Commissaire européen Pierre Moscovici estime qu'une réforme des institutions est nécessaire. Pas un «un grand soir fédéral».

Cher Benoît,

Depuis quelques semaines, la campagne présidentielle a pris un tour inquiétant. Dans le silence des idées, on entend surtout la voix de ceux qui veulent en finir avec l’Europe. Ce jeudi, tu as adopté une tout autre démarche et fait des propositions pour démocratiser la gouvernance de la zone euro. Je te remercie de me les avoir adressées.

En posant la question de la démocratisation de la gouvernance de la zone euro, tu poses une bonne question – si ce n’est la question. Je participe depuis cinq ans à l’Eurogroupe et je suis le premier à dire qu’il ne peut plus prendre ses décisions, décider de la politique budgétaire ou de l’avenir de la Grèce par exemple, tard dans la nuit et à huis clos. Je suis commissaire européen depuis plus de deux ans et je suis le premier à dire que l’austérité n’est pas la solution, que les politiques économiques ne sont pas assez orientées vers la croissance, que nous ne faisons pas assez pour l’emploi. Face aux insuffisances de la gouvernance de la zone euro, la tentation technocratique est bien là. Il n’y a qu’à voir la proposition, qui refait surface périodiquement, de confier l’application des règles budgétaires à une administration – du type Fonds monétaire européen. Comme toi, je considère que le salut de la zone euro ne passe pas par plus de technocratie mais par plus de démocratie.

Je te rejoins aussi quand tu constates que l’Europe est trop souvent la somme des égoïsmes nationaux – on l’a vu à l’occasion de la crise des migrants, on le voit en matière budgétaire ou sur le dossier grec – et qu’il y a urgence à retrouver le sens de l’intérêt général européen, en premier lieu sur les sujets économiques.

Bref, je suis convaincu qu’une Europe austéritaire, égoïste, technocratique, sourde aux aspirations de ses citoyens est une Europe sans avenir.

Permets-moi (...)

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