Europa League: violences et haute tension lors de Lyon-Besiktas

Nicole DESHAYES, Francois-Jean TIXIER
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Des supporters lyonnais du Virage Sud envahissent la pelouse pour échapper à des jets de projectiles de supporters turcs, le 13 avril 2017 au Parc OL

Décines-Charpieu (France) (AFP) - Bagarres entre supporters, gaz lacrymogènes, charges de CRS, terrain envahi et coup d'envoi retardé: le quart de finale aller d'Europa League Lyon - Besiktas, classé à risques, a été précédé par des scènes de violence jeudi soir.

Ces images posent à nouveau la question de la sécurité dans le football, deux jours après l'attaque aux explosifs qui a visé le car des joueurs du Borussia Dortmund avant leur match de Ligue des champions contre Monaco.

Initialement prévu à 21h05, le match entre l'équipe française et la formation turque a débuté avec 45 minutes de retard à cause de l'envahissement de la pelouse du Parc OL par des dizaines de supporters à un quart d'heure du coup d'envoi.

Des supporters lyonnais du Virage sud ont pénétré sur la pelouse, alors désertée par les joueurs, dans la confusion générale. Selon un journaliste AFP sur place, ils voulaient se protéger des projectiles et des pétards lancés depuis le haut des tribunes.

Parallèlement, des bagarres ont opposé des fans des deux équipes dans les tribunes. Quelque 15.000 fans de Besiktas avaient fait le déplacement pour ce match.

Le président de l'OL Jean-Michel Aulas a pris le micro du kop pour s'adresser aux supporters lyonnais et est ensuite resté dans le virage avec les supporters.

La police a évacué la pelouse vers 21h10, permettant 30 minutes plus tard l'entrée des joueurs, puis le début du match vers 21h50. L'ambiance s'est ensuite calmée durant la rencontre, où la mi-temps a été sifflée sur le score de 1-0 pour Besiktas.

- Ultras -

"Toutes les tribunes de France connaissent la réputation de Lyon et celle des Carsi, un groupe Ultra de Besiktas" plutôt classé à gauche, a expliqué à l'AFP un bon connaisseur des milieux de supporters.

"Le parcage turc est en diagonale du virage sud", où sont basés les indépendants du virage sud, un groupe plutôt marqué à droite. "Il n'y a pas de file ou d'espace de sécurité, de rangées de sièges vides, et ils sont au-dessus" des supporters lyonnais, a analysé la même source.

De violents incidents avaient déjà éclaté dès le début de soirée aux abords du stade.

De premiers accrochages entre supporteurs turcs et lyonnais ont débuté dès 18H30 sur le parvis central à la sortie du tramway conduisant au grand stade. Les CRS sont intervenus à coups de gaz lacrymogènes pour les séparer et cloisonner les deux groupes.

Vers 19H00, un long cortège de supporteurs lyonnais, certains cagoulés et lançant des fumigènes, a afflué vers la rampe d'accès du virage nord du stade.

Un important cordon de CRS et de gendarmes mobiles s'est alors déployé pour réglementer les accès du stade et faire rentrer séparément supporteurs turcs et lyonnais.

"C'est la première fois que je vois ça", a témoigné pour l'AFP Amin, stadier depuis cinq ans à l'OL.

- Référendum -

Auparavant, quelques Turcs venus d'Allemagne s'étaient rendus dans l'OL Store du stade pour acheter des billets, ce qui leur a été refusé car le match se jouait à guichets fermés. En colère, ils ont brisé deux portes vitrées du magasin et mis la boutique sens dessus dessous. Ils ont été dispersés par la sécurité sans arrestation.

Ce match avait été classé par les autorités au niveau de risque le plus élevé (4 sur 4). Les supporters turcs sont considérés parmi les plus bouillants d'Europe et le match avait lieu à trois jours d'un référendum en Turquie sur le renforcement des pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan.

De plus, le stade de l'OL est situé à Décines, une ville de la banlieue de Lyon où vit l'une des plus importantes communautés arméniennes de France.

La préfecture du Rhône avait annoncé "un renfort de six unités de patrouilles mobiles". Un millier d'agents, parmi lesquels des turcophones, étaient également prévus pour assurer la sécurité autour de la rencontre.

Ces images de violence rappellent dans une moindre mesure certaines scènes de l'Euro-2016 organisé l'été passé en France, lors duquel des hooligans russes avaient agressé des supporters anglais dans la rue à Marseille.

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