Européennes: Reconquête conclut sans dissiper le trouble entre Zemmour et Maréchal

Marion Maréchal, tête de liste de Reconquête! aux européennes, lors de son dernier meeting de campagne, le 5 juin 2024 à Nice, dans les Alpes-Maritimes (Valery HACHE)
Marion Maréchal, tête de liste de Reconquête! aux européennes, lors de son dernier meeting de campagne, le 5 juin 2024 à Nice, dans les Alpes-Maritimes (Valery HACHE)

Le dernier meeting de campagne de Reconquête! n'a pas dissipé le malaise entre la tête de liste Marion Maréchal et le président du parti Eric Zemmour, ce dernier visant toujours en priorité le RN tandis que la première l'épargnait.

Ils ne sont pas arrivés ensemble et se sont à peine croisés sur l'estrade en fin de meeting, devant les quelque 1.200 militants agitant des drapeaux tricolores sur le port de Nice, la ville de Christian Estrosi, vice-président d'Horizons, et presque en face de la permanence d'Eric Ciotti, président des Républicains.

Reprenant les thèmes principaux de sa campagne -lutte contre l'immigration, l'islam, le narco-trafic ou "l'activisme LGBTQI+", défense de l'identité française, de ses racines chrétiennes, de son agriculture-, Mme Maréchal a réservé ses plus vives attaques à La France insoumise, "porte-parole politique de l'islamisme" et "poison de la démocratie".

Puis elle a visé Les Républicains et le Rassemblement national.

"A ceux qui veulent voter LR, n’oubliez pas que la plupart de ses hauts dirigeants veulent un accord de gouvernement avec Macron (...). A ceux qui hésiteraient avec le RN, n'oubliez pas que le seuil de qualification à l’élection européenne se situe à 5%, M. Bardella est déjà sûr d'être élu", a-t-elle lancé, alors que sa liste est engluée entre 5 et 6% dans les sondages.

"Préférez-vous élire le 31e ou le 32e inconnu de sa liste ou préférez-vous que je sois aussi votre avocate au Parlement ? Réfléchissez bien, faites un vote de conviction pour la France", a-t-elle ajouté.

Auparavant, M. Zemmour, qui avait réalisé dans les Alpes-Maritimes son meilleur score lors de la présidentielle de 2022 (14%), s'est montré bien plus virulent: "Voter Bardella, c'est frapper dans le vide (...). Comme en 2014, comme en 2019, le RN et Bardella vont arriver premiers aux élections européennes et cela ne servira strictement à rien".

"Chaque bulletin Reconquête! dira: dans les cinq ans à venir, j'exige que la France reste la France, que ça plaise ou non à l'Union européenne. Il est là, le vrai, le grand référendum du 9 juin. Jordan Bardella voudrait nous faire croire que c'est un référendum anti-Macron. Mais c'est faux (...). Macron restera au pouvoir jusqu'à la dernière seconde de son quinquennat. Il nous emmerdera jusqu'au bout", a-t-il lancé.

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