Européennes: Attal attaque Glucksmann qui talonne la liste macroniste

Le Premier ministre Gabriel Attal le 29 mai 2024, à l'Assemblée nationale, à Paris (JULIEN DE ROSA)
Le Premier ministre Gabriel Attal le 29 mai 2024, à l'Assemblée nationale, à Paris (JULIEN DE ROSA)

Gabriel Attal a sonné jeudi la charge contre Raphaël Glucksmann, dont la liste aux élections européennes talonne celle du camp présidentiel, et espère engranger de nouveaux soutiens lors d'un grand meeting ce soir à Paris.

Voter pour la liste socialiste menée par M. Glucksmann, c'est "évidemment" voter pour la Nupes, l'alliance de gauche conclue avec la France insoumise en 2022 et qui a rompu à l'automne, a estimé le Premier ministre sur RTL.

"Quand la France insoumise siffle, la Nupes accourt", a ajouté Gabriel Attal. Les députés socialistes se sont "levés comme un seul homme pour soutenir" leur collègue LFI Sébastien Delogu quand il a agité mardi un drapeau palestinien dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, a-t-il dénoncé.

A dix jours du scrutin, la liste présidentielle est en difficulté dans les sondages, à 15-16%, nettement distancée par celle de Jordan Bardella, président du Rassemblement national, donnée à 34% dans deux dernières enquêtes.

La liste macroniste est aussi talonnée par celle du PS-Place Publique de Raphaël Glucksmann, créditée d'environ 14%.

Dans ce contexte morose pour la majorité, "il faut se battre jusqu'au bout", a promis Gabriel Attal.

Sommé par Emmanuel Macron de s'impliquer davantage dans la campagne, il a déjà participé à plusieurs meetings avec la tête de liste macroniste Valérie Hayer et affronté dans un débat télévisé Jordan Bardella, même si la joute n'a pas eu d'incidence sur les intentions de vote.

Il sera encore présent au meeting national de son camp samedi à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) et interviendra dans plusieurs médias. Pendant le meeting de Raphaël Glucksmann jeudi soir au Zénith, il sera dans l'émission "C à Vous" sur France 5.

- Passer devant -

Malgré les perspectives d'échec, pas question pour la majorité de se prononcer sur l'après 9 juin, alors que plusieurs scénarios politiques circulent entre coalition avec la droite, remaniement ou dissolution.

"Tous ceux qui essaient de se projeter après le 9 juin font une erreur. La campagne n’est pas terminée", affirme un conseiller de l'exécutif.

Emmanuel Macron a dit que "c'était une élection européenne aux conséquences européennes", a rappelé jeudi Gabriel Attal, comme pour écarter l'hypothèse de son départ de Matignon.

Raphaël Glucksmann, qui tient jeudi ce qui devrait être son plus gros événement de campagne, a pour sa part toujours pour objectif de passer devant Valérie Hayer.

Il se refuse pourtant au jeu des pronostics, conscient du sentiment de déception qu'il adviendrait si le croisement des courbes n'avait pas lieu lors du scrutin.

"Le croisement, on le voit se profiler mais c'était pas l'objectif de départ et on ne parie pas dessus", laisse entendre un membre de la campagne.

Car celui qui est considéré comme le nouvel espoir de la social-démocratie peut-il encore mordre davantage sur l'électorat macroniste?

"Les électeurs à décrocher seront surtout chez les abstentionnistes", analyse un candidat socialiste. Un autre socialiste remarque pourtant que "dans le sondage du Cevipof (qui couvre plus de 10.000 personnes), on est le 2e choix de quasi tout le monde".

Alors que Raphaël Glucksmann semble avoir siphonné les voix de l'écologiste Marie Toussaint, donnée à 5% dans les sondages, Gabriel Attal a présidé jeudi matin à Matignon un séminaire sur l'écologie pour vanter le bilan du gouvernement en la matière.

- "Capacité de blocage" -

Le Zénith n'est pas le dernier meeting de l'essayiste de 44 ans, qui en tiendra deux jours plus tard un autre à Marseille et terminera à Lille le 7, où il recevra le soutien de la maire de la ville Martine Aubry, figure de la gauche, après celui de l'ancien Premier ministre Lionel Jospin.

Raphaël Glucksmann, qui s'est toujours refusé à taper sur ses adversaires de gauche, entend jeudi soir encore une fois s'attaquer à l'extrême droite.

Il fera monter sur scène Mathias Ecke, eurodéputé allemand du SPD qui a été violemment agressé début mai par quatre personnes, dont au moins une issue de l'extrême droite, à Dresde, l'ex-RDA.

L'extrême droite est aussi le principal adversaire désigné par la majorité. Gabriel Attal a ainsi mis en garde contre sa potentielle "capacité de blocage" si elle arrivait en force au Parlement européen.

Le programme du RN "équivaudrait à une sortie de l'Europe pour la France", a-t-il appuyé.

are-caz/hr/fan