Européennes 2024: Stéphane Le Foll appelle le PS et EELV à rompre avec "la radicalité" de LFI

Stéphane Le Foll (Photo d'illustration). - Bertrand Le Guay - AFP
Stéphane Le Foll (Photo d'illustration). - Bertrand Le Guay - AFP

L'ex-ministre socialiste Stéphane Le Foll appelle vendredi de nouveau le PS et les écologistes à rompre avec "la radicalité" de la Nupes dont LFI tient "le volant", en jugeant que les élections européennes de 2024 seront l'occasion de faire ce choix, sans quoi certains quitteront le navire du PS.

"L'enjeu des élections européennes de 2024 sera un choix simple. Rester dans la radicalité de la Nupes ou demeurer au sein de la famille socialiste européenne. Cette question sera déterminante pour l'avenir de beaucoup au sein du PS, dont le mien", assure-t-il dans une tribune parue dans Le Point.

"Sommes-nous condamnés à penser comme Mélenchon?"

"Sommes-nous fongibles dans le corpus idéologique de LFI?" et "sommes-nous condamnés à penser comme Jean-Luc Mélenchon? C'est toute la question que la gauche va devoir trancher", insiste Stéphane Le Foll, par ailleurs maire du Mans.

Contempteur avec d'autres ténors du PS de l'alliance de la gauche (LFI, PS, EELV, PCF) scellée en mai sous la bannière Nupes, Stéphane Le Foll s'exprime alors que le député LFI Manuel Bompard, l'un des architectes de l'accord, a évoqué dimanche l'idée d'une union de la gauche pour les lointaines élections européennes de 2024.

"La logique de tension et de 'chienlit' affichée par la Nupes ne profitera jamais au camp du progrès, mais bien à celui de l'extrême droite, (...) désormais en situation de l'emporter" lors de la présidentielle de 2027, s'alarme l'ex-ministre socialiste, en jugeant qu'en "céd(ant) le volant à LFI", la gauche est de fait "condamnée à rester minoritaire".

"La désobéissance comme méthode de gouvernement, soit vis-à-vis de l'Europe, soit chez nous, en remettant systématiquement en cause l'ordre républicain, ne peut pas être notre choix, ni notre ambition", poursuit Stéphane Le Foll, en reprochant de nouveau au patron du PS Olivier Faure de ne pas avoir réussi à définir un positionnement "original".

La Nupes, "cure de jouvance" pour le PS?

En appelant de ses voeux la construction d'une "gauche nouvelle", il estime que celle-ci devra "sortir de la logique de la revendication", "ne condamnera pas la police mais l'aidera à assurer ses missions dans le respect des règles républicaines" ou "défendra la laïcité sans compromission". Autant de piques au leader de LFI Jean-Luc Mélenchon.

L'un des proches de l'ex-candidat à la présidentielle, le député insoumis Alexis Corbière, a réagi sur Twitter: "Ce qui rend impuissante l'analyse de Stéphane Le Foll, c'est que non seulement elle reprend mots pour mots les attaques de l'extrême droite contre LFI, mais surtout qu'elle n'exprime aucune critique sur son exercice du pouvoir".

Alexis Corbière a ironisé: "Son projet d'avenir pour la gauche: la France amnésique?"

Au PS, le député de l'aile gauche du PS Jérôme Guedj a exprimé lundi une opinion opposée à celle de Stéphane Le Foll, estimant que l'accord trouvé au sein de la Nupes était une "cure de jouvence" pour les socialistes.

Il a aussi envisagé une nouvelle "liste commune" de la Nupes aux européennes de 2024, une hypothèse mise sur la table par l'Insoumis Manuel Bompard et que le porte-parole du PS Pierre Jouvet n'a pas "fermé par principe".

Article original publié sur BFMTV.com